ACTE CLNQUIEME
dans trois jours nos actionnaires au Nouveau -Cirque.
M^ Cousin. — Vous présenter devant des gens qui viennent d'être ruinés et qui sont encore tout bouillants de colère, me paraît bien hasardeux... Craignez tout dans une réunion comme celle à laquelle vous pensez, et même les pires violences. Qu'il y ait là quelque déséquilibré...
Le Baron. — Mieux vaut finir d'un coup de revolver que pourrir en prison.
Chauvelot. — Et puis, une assemblée, ça se cuisine aussi... Nous avons encore des amis, même parmi nos actionnaires.... Moyennant quelques petits avantages particuliers, ils joueront notre jeu.
Le Baron. — J'y compte bien. (Il tire sa montre.) L'heure avance. Arrêtons là cet entretien que nous reprendrons ce soir ! Nous dresserons nos batteries pour la séance de jeudi.
Chauvelot. — A ce soir donc.
Le Baron, à Cousin. — Au revoir, mon cher Maître. Dites à M^ Vergniaud que je le verrai demain matin. J'ai des renseignements à lui demander,
Chauvelot et Cousin sortent.
Le Baron. — Et maintenant, au baron d'Urth.
11 va s'asseoir à sa table. Il sonno, le domestique introduit le baron d'Urth.
D'Urth. — Bonjour, mon cher ami.
De Thau. — Bonjour, mon bon.
D'Urth. — La santé?
De Thau. — Excellente, vous voyez.
D'Urth. — J'ai été fâché pour vous de toutes ces histoires. Je vous sais ennuyé, je ne serais donc pas venu vous relancer, si je n'avais été dans l'obligation absolue de régler certains comptes.
120 LES YEMRE DORES.
De Thad. — Ah ! Nous avons des comptes à régler ?
D'Urth. — Vous ne l'ignorez pas; je vous ai fait remettre une note. You5 êtes mon débiteur d'une somme de un million quatre cent seize mille francs.
De Thau. — Je vous ai répondu déjà (c'était à Bellevue) que l'opération que nous avions faite en commun, n'étant pas liquidée, je ne vous devais rien pour l'instant .
D'Urth. — Ta! Ta! Ta! J'estime que d'après les termes de notre contrat, l'opération amorcée, vous me devez ma part.
De Thau. — Dans ma situation, il m'est impossible de disposer ainsi de un million quatre cent mille francs. i\e vous en doutez-vous pas?
D'Urth. — Votre situation? Croyez-vous que j'ignore vos pourparlers avec le syndicat Anglo-Américain? Vous allez reprendre avec eux, sur de nouvelles bases, votre affaire de la Nouvelle-Afrique. Comme ces messieurs ont besoin de vous, ils n'abandonneront pas dans un danger pressant l'homme qui leur facilite une si belle opération.
De Thau. — Et si vous vous trompiez? Si ces messieurs, trouvant le chiffre exasréré, reiusaient de me venir en aide?
D'urth. — Que voulez-vous, mon cher ami... je serais contraint de prendre certaines mesures, pour vous mettre dans l'obligation de vous exécuter.
De Thau. — Quelles mesures ? Serait-il indiscret de vous le demande)?
D'Urth. — Tel journal pourrait faire telles révélations qui vous contraindraient à vous expatrier sur l'heure...
De Thau. — J'entends. Mais, mon bon ami, savezvous comment s'appelle votre procédé ?