ACTE CINQUIÈME
Un obligataire. — Pardon ! C'est à nous, obligataires qu'on doit songer tout d'abord.
\jn ACTioN-XAiKE. — Pourquoi pas à nous? Ux OBLIGATAIRE. — Lbs travaux exécutés et le matériel sent notre gage.
Be Thau. — La Société nouvelle a l'intention de faire bénéficier de certains avantages les actionnaires et les obligitaires.
Des voix. — Quels avantages? Expliquez-vous î
De Tiau. — Parlons des obligataires d'abord. Je suis autorise à déclarer que la Société nouvelle serait prête à acieter leurs titres moyennant une somme de trentetrois millions.
L'ou,iGATAiRE. — Un tiers seulement des sommes que nous avjns versées? •
Un acïoxnaire. — C'est déjà bien beau.
L'oBLiG/TAiRE. — Parbleu! vous, actionnaires, les pertes des obligataires vous laissent froids I Mais écoutez-moi biei. Je suis président du groupe des obligataires. Je ne consentirai pas à abandonner notre gage pour trente-t'ois millions, et tant que j'ignorerai les avantages fait, aux actionnaires.
Des OBLiGATAiEs. — Très bien! Bravo!
De Thau. — Sipposons, Monsieur, que vous n'acceptiez pas notre pioposition, et qu'ainsi vous empêchiez une société nouvelle d'achever les travaux. Qu'arriverait-il? Les traaux déjà exécutés périraient sans profit. Le matériel savait mis en vente. Et, de bonne foi, croyez-vous qu"»n en retirerait plus de sept ou huit millions? En vois en offrant trente-trois, la Société Nouvelle fait un grcs sacrifice, mais je l'ai exigé pour vous.
Les obligataires se groupent et discutent.
Une voix. — K les actionnaires?
Diï Thau. — Pour les actionnaires, j"ai obtenu qu'en échange de l'apport de l'affaire, contrats, études, etc.. on leur donnât une action de la Société nouvelle contre trois des leurs. /
Des actionnaires. — Trois actions pour une!
De Thau. — Naturellement, ces nouvelles actions représentant un capital nominal de 66 millions, ne rapporteraient pas intérêt, mais toucheraient les ((ividendes.
Des actionnaires. — Non! Non! C'est un vol I iimais!
Carrier. — Mais que valent vos actions aujourd'hui'.' Rien!
Les actionnaires. — A qui la faute?... A vous!
De Thau. — Qu'importe d'ailleurs d'avoir une action au lieu de trois, si cette seule action doit vous ionner un jour des hénéfices trois fois plus forts.... Aiisi vous ne perdrez rien.
Le premier actionnaire. — Est-ce que "Ous vous moquez de nous?
Deuxième actionnaire. — Je ne trouve )^s qu'on se moque de nous.
Premier actionnaire. — Ah I vraimeo?... (Pulsieurs actionnaires parlent en même temps.) Alors, nou» Sei'ionS assez
naïfs....
Des voix. — A la tribune! A la tribuie!
Premier actionnaire. — Soit!... (Il m>nie sur l'estrade.) Messieurs, je trouve tout d'abord scanialeux que le Conseil d'administration de la NouvelleAfrique ait osé nous réunir aujourd'hui. Nous ne sairions accepter aucune de ses propositions. Nous ne -ui faisons plus confiance. Quand on a si mal administi^une affaire, on n'a plus le front de se représenter d^ant d'honnêtes gens qu'on a dépouillés.