ACTE CLNQUIEME
Chàlvelot. — Les propositions sont faites par une ^^ociété nouvelle.
L'actionnaiue. — Derrière laquelle vous vous trouver sais doute.
CvRp.iKR. — iNous ne méritons aucun blàrae!
Des voix. — Oh !" oh !
Car\ier — Toujours nous avons défendu vos intérêts.
l.NE voFx. — Farceur ! On rit.
L'ACTn.^iNAiRE. — Défendu nos intérêts?.... Comment oser de pareilles arfîrmations devant nous, quand nul n'ignore que notre argent a servi à enrichir des compères, à acheter des journaux, à corrompre des
députas. Des applaudissements.
De Thal. — Je comprends et j'excuse une irritation légitime, mais la colère vous dicte des paroles injustes. Je proteste qu'à aucun moment, aucun acte indélicat n'a été conunis par nous.
L'ACTioN>(AinE, — Et les révélations delà Quotidienne^ De Thau. — Cette feuille a commencé, en effet, une campagne. On promettait des révélations accablantes. Quelles preuves a-t-on apportées. Quels noms a-t-on cités? Aucun. Croyez-vous donc que ce journal toujours hostile à la Nouvelle-Afrique, à son Conseil d'administration, croyez-vous qu'il n'aurait pas sorti toutes ses preuves s'il en eût possédées? Je suis heureux de m'expliquer une fois pour toutes, devant vous, sur ce sujet, de dissiper des légendes, de réfuter des calomnies. Aous n'avons pas donné de l'argent à la presse ; nous avons payé une publicité indispensable à toute affaire industrielle. INous n'avons corrompu personne. Nous avons reconnu des concours. Quoi donc! si un homme, savant, ingénieur, avocat, nous aide de son éloquence, de ses conseils, faudra-t-il parce qu'il appartient au
Parlement, à l'Institut, ne pas rémunérer ses services? Ah! messieurs, défions-nous de notre imagination; ne voyons pas partout des consciences à vendre, des corrupteurs et des corrompus : le monde est plci'n d'honnêtes gens. Si telle affaire a périclité, ce n'est oas la malhonnêteté des uns ou des autres qu'il faut iccriminer, mais la mauvaise chance ou la fatalité. GarJonsnous donc d'accusations injustifiées. Gardez-vous surtout de récriminations vaines, au moment précis où nous venons vers vous, non avec des promesses, mais avec des offres réelles, et en vous donnant le moyen de refaire vos fortunes. On l'applaudit.
Premier actio.n.>aire. — Messieurs, messieurs....
Deuxième actio.nnaire. — Laissez parler le président.
Premier actio.nnaire. — On se fiche de vous.
Deuxième actionnaire. — On s'occupe de nos intérêts.
Premier actionnaire. — Qui?... Des gens qui nous ont toujours menti, qui ont dilapidé nos fonds, qui ont joué à la Bourse....
Carrier. — Ce n'est pas vrai.
. Des voix. — Si! Si!..,
Carrier. — Nous ne laisserons pas dire....
Des voix. — Taisez-vous!
Carribr. — Je parlerai.
Premier actionnaire. — Vous avez employé notre argent à soutenir les cours —
Des voix. — Coquins! Filous!
Deuxième actionnaire. — Si cette accusation était prouvée, je serais le premier à demander qu'on rompit toute conversation avec le Conseil.
Premier actionnaire. — Quoi! Vous doutez?...
Deuxième actiormaire. — La preuve! La preuve!
Premier actionnaire. — Elle est publique!