SCÈNE m MADAME FOURMER, RENÉ, puis MADAME ROGER
Madame Fournier, à René. — Vous la connaissez, vous, cette... demoiselle Manon?
René. — Je l'ai vue une fois, par hasard, dans une taverne, à minuit. On a dû lui dii^e qui j'étais, car elle a fait une tète !
Madame Fourmeb. — C'est... comment dit-on?... une... une... professionnelle?
René. — Justement. Et roublarde 1
Madame Foursier. — Mon neveu assure qu'elle a été élevée à l'haspice.
René. — Aux enfants-trouvés.
Madame Fodrnier. — Fichue trouvaille I
René. — Oh! Elle a fait son chemin^ depuis. .Diamants, chevaux, hôtel, voiture... rien ne lui manque.
Madame Fournier. — Ces gredines ont une chance insolente !
Ren^. — Avant le cousin de papa, elle grugeait un autre vieux.
Madame Four:(ier. — Une spécialiste alors?
Re>-é. — Il paraît.
M-\DAME FocRMER. — Et aujourd'hui?
René. — Elle continue à opérer... Elle continuait... car depuis deux mois on ne la voit plus. Elle est même très malade, paraît-il.
Madame Fodrisier. — Qu'a-t-elle donc ?
René. — Peuh ! Je la crois poitrinaire.
Madame Fournier. — Vous verrez qu'elle guérira.
Madame Roger, enu-ant. — Ahl Vous vous apprêtez à partir?