‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 85 sur 170 · SCÈNE V ROGER, FOURNIER, puis MARIE et ALPHONSIM · texte numérisé non relu

SCÈNE V ROGER, FOURNIER, puis MARIE et ALPHONSIM

FouR-^iER. — Vous devez vous douter un peu du sujet que je vais aborder?

Roger. — Asseyez-VOtlS. (Fournier s'assiexty H s'agit dfî^ votre mariage?

i56 LE BIEN D'ALTRUI.

FouRNiER. — Naturellement. J'ai reçu ce matin une lettre de mon ami Jossot.

Roger. — Ah! ah!

FouRMER. — Oui. Le hasard l'a favorisé. Il a découvert dans les Alpes rétablissement que nous cherchions. Un docteur suédois, mort récemment, l'avait fait construire. Ses héritiers le céderaient à bas prix.

Roger. — Eh bien?

FouRNiER. — Vous connaissez mon projet. Fonder avec Jossot une espèce de sanatorium, une maison de retraite, où nous soignerions les neurasthéniques.

Roger. — Et vous auriez des clients?

FoURNlER. — Parbleu ! (Frappant sur la cuisse de Roger.) La

neurasthénie, voyez-vous, est une maladie... d'avenir. J'appliquerais dans mon hospice le traitement du docteur Rabier, dont on me sait l'élève.

Roger. — Sa méthode est bonne?

FouRMER. — Penh!... L'essentiel est qu'on la croie telle. L'achat du terrain et la construction de l'urimeuble nous eussent coûté au bas mot deux cent mille francs. Jossot se fait fort d'obtenir le tout pour cent dix mille. C'est un malin. Nous aurions donc à verser cinquantecinq mille francs chacun. Mes moyens ne me permettent pas une telle dépense. J'ai peu d'économies, ayant fait ma situation, seul, à la force du poignet.

Roger. — C'est justement parce que je vous sais un garçon laborieux, que je vous ai accordé la main de ma fillette.

Fodrmer. — Et vous m'avez rendu bien heureux ce jour-là. Mais tant que je n'aurai pas épousé mademoiselle Marie, tant que je n'aurai pas touché sa dot, il me sera impossible de rien entreprendre. Vous aimez la franchise, je vous parle franchement.

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