ACTE DEUXIÈME
MuLLER. — Évidemment.... Mais on pomTait... je pourrais.... Ma belle -mère, vous-même, ne préféreriezvous pas garder auprès de vous votre fille et Jeanne?
Roger. — Il vous faudrait alors revenir à Nancy. Et votre place?
MuLLER, vivement. — Oh! ma place.... (Se reprenant.) J'en trouverais une autre ici.... Je suis sûr que mon ancien patron, mon notaire....
Roger, qui avait un peu repris son sang-froid, et que ce mot vient troubler de nouveau, se lève. — Après avoir fait quelques pas, sous l'œil étonne de Mullor. — Ah!... Votre patron. (Pause.) Je voulais justement aller chez lui....
MuLLER. — Pour...?
Roger. — Un renseignement. Mais....
Il hésite et regarde Muller.
MuLLER. — Ne puis-je vous le donner moi-même?
Roger. — Oui Peut-être.... (Il reprend sa marche, puis
s'arrête, à mi-voix.) Un individu mourrait, en laissant sa fortune a une femme... qui serait sa maîtresse, mais sa maîtresse indéniablement, au vu et au su de toute une ville... ses héritiers pourraient-ils attaquer le testament?
MuLLER, surpris. — Qucls héritiers? (Pause.) Un fils?
Roger. — Un oncle... un beau-frère, par exemple.
MuLLER. — On peut disposer de toute sa fortune, quand on n'a ni père ni enfants.
Roger. — Même en faveur d'une maîtresse?
MuLLER. — Même en faveur d'une maîtresse.
RoGF.R. — Les juges n'estiment-ils pas qu'il y a là une sorte de captation?
Muller. — Non. (Pause.) Est-ce que...?
Il regarde Roger qui a pâli — Il n'ose poser sa question.
Roger, aec un effort sur lui-même. — Je présume que vous désirez voir Alphonsine?