ACTE PREMIER
deux mille voix!.,. Mais hi procureur aux ordres de ce |t(iliticien! Verrons-nous reparaître sous la Républi(|ue (les procédés dignes du régime abhorré des Césars! Est-ce que la liberté individuelle, base et support de l'Etat; est-ce que la justice, colonne....
Martln, haussant les épaules. — En politique, il n'y a l»;is de justice.
TARDIEU, accouran .
Tardieu. — Vous savez la nouvelle?
GiDON. — Non.
Martin. — Quelle nouvelle?
GiDo. — Bouvet est mis en liberté?
Tardieu, — Il ne s'agit pas de Bouvet, mais de nous. Il paraît que c'était vrai. Le maire est décidé....
Martin. — A quoi?
Tardieu. — A remplacer un certain nombre de ses conseillers, par de nouveaux collaborateurs.
GiDON. — Qu'est-ce que cela nous fait?
Martin. — Quels sont ceux de nos collègues qu'il sacrifierait?
Tardieu. — On n'en sait rien encore. Voilà ce qui m'inquiète. Nous sommes tous menacés, vous, moi, Gidon....
GiDON, piûtestani. — Ah! dites donc, Tardieu!... Comment pouvez-vous supposer que le maire, après les services que j'ai rendus à la démocratie.... Qu'il se débarrasse des non-valeurs qui encombrent le conseil! bien...-
TosiE I. 8
Il sera sage en ne reprenant pas avec lui des individus comme Carin, un sot, le ridicule Pignan, Massebœuf, Garet, ce niais solennel, qui se croit toujours dans une réunion publique et qui ne peut prononcer une phrase sans parler de la République, du progrès social, de l'avenir de la démocratie 1... (Atôc des geste», enflani la voix.) Moi, je déteste ces bavards sonores, qui i'jnorent l'art de ^'exprimer simplement, (lui sur tous sujets ont un discours à placer, qui avec de petites idées font de grands mots, qui pérorent et gesticulent et qui, se grisant eux-mêmes....
Martin, farrètant. — Oui... oui... nous sommes bien
de ton avis.
Tardiku. — Il y a encore Pastorel, qui profite de s;i situation pour vendre ses plumeaux et ses balais à tous les fournisseurs de la ville.
Martin. — Clément, qui- n'accorde des autorisations d'étalage qu'aux commerçants qui lui graissent la patte.
GiDON. — Carnier, qui a touché six mille francs de la Compagnie des Eaux, poux- son rapport.
Tardieu. — De Brévannes, à qui la Société Electrique a versé quatre raille francs.
GiDON. — Machu, qui reçoit des mensualités de l.i Compagnie Turiat.
Martin. — Enfin il y a Uondoli.
Tardieu. — Le docteur!
GiDON. ^ Ah! celui-là!
^i^^n^. — Nous a-t-il assez embêtés!
Tardieiî. — Pour se faire de la popularité, c'est lui qui a encouragé les employés des tramways à se mettre en|grève.