ACTE PREMIER
(iinoN. — Il était payé par la Compagnie des Omnibus. Tardieu. — Rondoli s'est brûlé auprès du maire. U ne lui demandera pas de le remettre sur sa liste. Martin. — Qu'en savez-vous?
Tardieu. — On le dit.
GiDON. — Ah! d'ailleurs, jamais M. le maire.... Martin. — Tais-toi.... Le voici. (Entrant.)
FERRIER, ASTRAUD, RÉGNIER
Les conseillers entourent le maire.
Tardieu. — Monsieur le maire, vous nous avez donné une fête charmante!
GiDO.N. — Kt quel déjeuner!
Marti.n. — Prenez garde, monsieur le maire, vous voilà en plein soleil.
Tardieu. — Irai-je chercher votre chapeau, monsieur le maire?
Ferrier. — Non ! Non !
Martin. — Alors, venez par ici, monsieur le maire.
GiDON. — Asseyez-vous là.
Tardieu. — Non, plutôt dans ce fauteuil, vous serez mieux.
Martin. — Voulez-vous un cigare, monsieur le maire?
Ferrier, refusant. — Merci!
Régnier. — Je vais prendre congé de vous, monsieur le maire, on m'attend au journal. Je vous reverrai mardi ou mercredi. Il faut commencer votre campagne. Vous SMvez que V Indépendance vous est tout acquise.
in U VIE PUBLIQUE.
F; RRiER. — Laissez-moi d'abord faire choix de mes collaborateurs, mon cber Régnier.
GiDON. — Ah!... vous voulez?...
Ferrier. — Oui.
Régnier. — Hâtez-vous.
Martiïs. — Déjà vos adversaires sont en mouvement.
Régnier. — Guébrianl est à Salente.
GiDON. — Avec la jolie Claudia Ravaut.
Martin. — Je l'ai rencontrée hier.
Ferrier. — Ah! Il vient se jeter dans la lutte. Je me promets, si je suis à la mairie, lors des prochaines élections sénatoriales....
AsTRAUD. — Chut!... L'heure venue, vous ferez ce qu'il vous plaira. Mais jusque-là, dissimulons. Soyez un homme politique, que diable !
Régnier, — M. Astiaud a raison.
FERRitR. — Penh!
AsTRAOD. — Guébriant pourrait faire marcher contre nous le gouvernement. Il est très bien en cour.
Ferrikr. — C'est du joli! Sénateur influent, ce brasseur d'affaires véreuses, compromis dans les scandales de la Nouvelle Afrique, de la banque Marclou!
AsTRiuD. — Il est éloquent et deux fois il a sauvé le ministère. C'est par l'éloquence qu'on règne en République. Sous ce régime, mieux vaut un fripon qui parle, qu'un honnête homme qui bégaye.
Martin. — Voyons, monsieur Régnier, savez-vous quels candidats nous seront opposés?
Régnier. — Il y aura une liste révolutionnaire ayant à sa tête Maréchal. Elle ser;i soutenue par le Journal dv Peuple de Vergogneur et par la Démocralie.