ACTE PREMIER
Feurier. — La feuille de chou de M. Coninol
Régmer. — Il y aura une liste conservatrice avec M. de Petilchamp, M. IJouchonnet, olc... Elle sera soutenue par 1 evèché et par Mme trrazura.
Ferrikr. — Ah! ah!
RÉfiMKR. — Maréchal, je vous en avertis, monsieur le maire. Maréchal s'engagera puhliquement à faire des économies, à réduire les centimes additionnels, les droits d'octroi.
AsTRAUD. — Ah! il diminuera les droits?... Eh bien! nous promettrons d'abolir les impôts.
Ferrier, à Asu-aud. — Abolir les impôts? Vous plaisantez? Le Parlement seul aurait le pouvoir....
AsTRACD. — Raison de plus pour faire la promesse.... Cela ne nous engage à rien.
Régnier, à Ferricr. — Je pense que vous parlerez dans Totre programme de la rénovation du quartier central? (Silence. A Asu-aud.) iN'est-ce pas, monsieur le premier adjoint ?
AsTKAUD. — Certes ! La démolition de ce vieux quartier sera la grande œuvre de la prochaine municipalité.
Ferrier;. — J'ai étudié les divers projets qui nous sont soumis. Mon opinion est faite. Moi maire, ces travaux ne seront pas ehtrepris.
Régnier. — Comment?
ÂsTRAiiD. — Pourquoi?
Régxier. — Mais sapristi!... l'hygiène, la santé publique.... Il y a des cas de variole quotidiens....
Ferrier. — Oui, dans les maisons où les propriétaires refusent de faire mettre l'eau de la Ripaille et où les locataires boivent de l'eau de puits. Ces irameuldes
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appartiennent à la Compaî^nie des Tramways qui a transformé en maisons ouvrières ses vieilles écuries et au Crédit Immobilier. J'ai conféré avec le directeur des Tramways, M. Gerbier, avec le directeur et le sousdirecteur du Crédit Immobilier, M. Lévy et M. de Riols. Ces messieurs se montrent désolés de la situation, mais je crains qu'ils n'aient pas suffisamment insisté auprès de leurs conseils, afin d'obtenir les sommes nécessaires pour amener l'eau de la Ripaille dans leurs maisons.
GiDo:«, à mi-voix. — Âh! les crimes du capital et du patronat I
Ferrier. — Les administrateurs du Crédit et des Tramways gardent le secret espoir qu'on les expropriera. Ils se trompent. Je les obligerai à fermer leurs puits. Ils seront obligés de donner de l'eau potable à leurs locataires.
Régnier. — Mais, moi, je suis obligé de réclamer dans [Indépendance la démolition des vieux quartiers. C'est le vœu de tous mes lecteurs.
Ferrier. — Exposez-leur loyalement la situation. Régnier. — Ils diraient qu'on m'a acheté. La presse ne fait pas l'opinion publique, monsieur le maire, elle
la subit.
Ferrier. — Je me moque de l'opinion publique!
Régmer. — Mais la ville tout entière....
Ferrier, sèchement. — Eh bien, la ville tout entière a tort. Ils auront beau crier, je n'en ferai qu'à ma tète.
Martin. — L'opération ne serait peut-être pas très coûteuse.
AsTRAUD. — La Banque de Salente s'en charge pour quarante millions.