‹ ThéâtreChapitre 110 sur 174 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

liONDOLI. — Hé...

De Riols. — Quoi?

RoNDOLi. — Je comptais vous demander un rendezvous. iNous aurions... causé.

De Uiols. — Ne pourrions-nous remettre au lendemain de mon arrivée?...

RoNDOLi. — Il sera trop tard.

I De Riols. — Je ne devine i)as à quel sujet....

RoiNDOLi. — Les élections municipales.

De Riols. — Oh! Je ne parle jamais de politique. Sous l'abominable régime que nous subissons, des sectaires haineux et bornés ont fait, depuis quinze ans, une telle besogne, que j*ai décidé, pour mon repos, de ne discuter jamais leurs opinions, ni leurs actes. Je veux les ignorer.

RosDOLi. — Permettez-moi de vous dire, monsieur de Riols, que vous n'avez pas raison de vous désintéresser des affaires publiques. On ne désarme pas, devant la sottise et la méchanceté. Sans vous offenser, monsieur le marquis, vous faites le geste de Ponce-Pilate. Ce n'est pas habile. Ce n'est pas courageux. Dans des temps également troublés, votre père et votre grandpère n'hésitèrent pas à mener le bon combat. Et l'un et l'autre furent maires de Salente.

De Riols. — Il y avait encore en France, à Salente, des gens qui avaient une foi, un idéal, qui luttaient pour leurs idées.

Ro.NDOLi. — Et pour les hommes qui les représentaient. Sans général que feraient les meilleures troupes? Voyez-vous clairement la situation électorale, monsieur de Riols? M. Ferrier ne sera pas réélu!

IS'i LA VIE PUBLIQUE.

Dr IlioLS, éioiiné. — Lui, qui a eu quatre-vingt-cinq mille voix l'an dernier!

Ro5DOLi. — 11 fui purlé à la mairie par un mouvement d'opinion. On élait las des scandales municipaux. Cinq conseillers venaient de passer aux assises. Le préfet avait dissous le conseil. On cliercliait ua homme honnête et laborieux pour l'envoyer à Tliôlel de ville.

De Riols. — On a trouvé M. Ferrier t|ui n'a servi que l'intérêt public.

Ro.NDOLi. — 11 a lésé tant d intérêts privés 1 En supprimant les subventions aux sociétés musicales, sportives, littéraires, en congédiant certains employés municipaux, en —

Dk RioLS. — On l'a nommé pour faire des économies.

RoNDOLi. — (In ne lui pardonne pas d'en avoir fait. Puis le secrétaire de son comité a été arrêté.

De Riols. — Est-ce la faute du maire si ce misérable Uouvet....

Ro>DOLi. — C'est un scandale qu'on exploitera contre M. Ferrier, qui se vantait de n'avoir que des braves gens autour de lui. Enfin, il a des mots malheureux. Ouand il a fait arrêter les ouvriers de la tonnellerie Charriaux qui jetaient des pierres à leur patron et qui parlaient d'incendier l'atelier, il a dit : « Une poignée d'énergumèncs ne troublera pas l'oi'dre dans une grande ville. » Une poignée d'énergiimènes! Ce mot lui coûte cinq cents voix. En politique, il n'y a que les paroles qui restent. Enfin, M. Ferrier veut introduire des socialistes dans son conseil. Il s'aliénera le parti modéré, sans gagner le parti ouvrier, qui votera pour Maréchal.

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