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ACTE PREMIER

RoNDor.i. — M. André donne dans les idées nouvelles t'I me paraît avoir de la volonté.

De Riols. — Mon fils a mes idées et ma volonté.

RoNDOLi. — Prenez garde, monsieur de Riols, prenez garde. Je vous ai donné un avertissement, vous en ferez

ce qu'il vous plaira. (Tous les personnages entrent en scène.)

Tous. — Tiens... de la musique... des mandolinistes.

FerRIER, à Anna, la bonne. — Qu'est-ce que c'est,

Anna?

A?^NA. — L'Esludiantina de Salcnte qui vient donner une aubade à M. le maire.

Ferrier. — Oui, et qui me demandera une subvention l'an prochain. Ah! ils peuvent gratter leurs guitares! Ils n'auront rien.

Cécile, voyant de Riols qui s'éloigne. — VouS partez déjà,

monsieur de Riols?

De Riols. — Oui, mademoiselle, oui. (A André.) Tu m'accompagnes?

André. — Non, je dine au Cercle.

De Riols. — J'ai deux mots à te dire.

Andrk. — Je vous verrai demain matin si vous le voulez bien.

De Riols. — Soitl

GiDON, rencontrant Martin. — Que fais-tU? La COUr à

quelque johe femme, je parie.

Martin. — Non, j'étais avec la tienne.

Astraud, à Ferrier. — Ne pourrions-uous rétablir quelques-unes des subventions que nous avons supprimées?

Ferrier. — La ville n'est pas assez riche.

Astraud. — Nous nous faisons des ennemis !

Martin. — Bah! Rien ne peut empêcher notre réélection I

Tardieu. — Si M. le maire a quelques ennemis, par contre, il a des amis innombrables!

GinoN. — Oui, tous les prolétaires, tous ceux qui sont attachés à la glèbe, internés clans les chiourmes du patronat et vers lesquels il s'est penché dans son ardent amour de fjaternité sociale.

Tardieu. — 11 n'est personne à Salente qui ne reconnaisse ses hautes qualités d'administrateur.

Martin. — Et qui ne rende justice à son intégrité.

Tardieu. — A sa.... (A ce momcnl on emend la voix d'un Tendeur de journaux.)

Le vendeur, dans la coulisse. — Demandez la Démocratie, édition du soir. Les scandales de l'hôtel de ville Les pots-de-vin du maire. Demandez la Démocratie.

Tardieu. — Sacrebleul

Martiin. — Si on faisait arrêter ce vendeur?

Tardieu. — C'est abominable!

Gidon. — On ne doit crier que le titre du journaL

Ferrier. — Laissez donc ce pauvre diable de vendeur tranquille. Le coupable ce n'est pas lui, c'est Corvino, qui m'attaque dans tous les numéros de la Démocratie^ parce que j'ai refusé de donner ii son imprimerie la clientèle de la ville.

Marïin. — iNous le repincerons.

Takdiec. — Le mois prochain.

GiDON. — Dès que nous aurons été réélus.

PiONDOLi, levant son verre. — Mes chers collègues, permettez-moi de boire à -votre succès.

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