ACTE DEUXIÈME
représentons. Nous avons \c droil de Irai 1er on leur nom.
Ferrikr. — Kt vous croyez naïvement que Maréchal?
AsTRAOD. — Maréchal veut entrer à la mairie, sinon comme maiie, au m tins comme adjoint, il se hâterait de s'entendie avec nous s'il voyait le marquis de Riols nous faire des avances.
Ferrikr. — Mais d ne peut être question d'une entente avec de Riols. Jamais cet homme ne consentirait. . . .
AsTRAUD. — C'est ce qui vous trompe, monsieur le maire. J'ai rencontré Blanchet qui sortait du Comité des réformes soc ale^, M. de Riols, en effet, était davis qu'on continuât la lutte, mais le (Comité, dans la crainte de voii' la liste Maréchal élue, a décidé qu'il ftdlait entrer en composition avec nous. Et tantôt, le marquis a lait demander à quelle heure vous seriez à la mairie.
FsBRiER. — Vous avez répondu?...
AsTRAUD. — (Jue vous y seriez à trois heures.
Ferrier. — Mais c'est absurde ! Mais il fallait me consulter I Mais je ne veux pas le recevoir...
Astraud. — Sachez au moins ce qu'il vient vous proposer.
Ferrier. — Un marché, lui aussi.... Non.
AsTRADD. — Ah! sacrebleu! pour faire le jeu de nos adversaires, on ne manœuvrerait pas autrement I Que vous demande-t-on d excessif? Est-ce un crime de soutenir des employés malheureux contre une compagnie puissante ? D'ordonner des travaux pour nourrir des
milliers d'ouvriers? Est-ce un crime de garder une lettre que personne ne vous demande et que personne ne connaît 7 Mais vous ne voulez rien faire, rien. Vous refusez de recevoir le marquis. Pourquoi? Et s'il ne mettait pas à prix son concours? Allez-vous le jeter dans les bras de M. de Petitchamp ? Alors, il vous est indifférent de quitter la mairie en laissant votre œuvre inachevée? Des cléricaux s'installeront à votre place, ou bien Maréchal et son bataillon d'agités envahiront l'hôtel de ville, bouleverseront administration, finances, police, octroi et mèneront Salente à la faillite. Vous vous en fichez, hein?
Ferrier. — Mais... mais....
AsTRAUD. — Quoi? Vos scrupules risibles, votre honnêteté trop chatouilleuse coûteront cher à votre parti, à la ville et à vous-même.
Ferrier. — A moi?
AsTRAUD. — Sans doute, vous êtes aveugle si vous ne voyez pas la situation privilégiée que vous fera votre réélection. Vous serez le maître de Salente.... Pas un député, pas un sénateur ne pourra être élu si d'abord il na reçu de vous son investiture. Votre influence bienfaisante s'exercera sur tous les actes de notre vie publique. Vous serez député, sénateur vous-même quand il vous plaira. Ne dites pas que vous n'avez pas d'ambition. Vous seriez coupable de n'en pas avoir et de laisser à Guébriant un siège qui vous appartient. Et puis... si vous faites bon marché de votre élection, vous n'avez pas le droit de compromettre la nôtre, de trahir trente-cinq braves gens qui ont eu confiance en vous, de qui vous êtes le porte-drapeau. Transigeons.