ACTE DEUXIÈME. 2U
FEURIER, DE RlOLS
; FfiRRii'U. — Entrez donc, monsieur de lUols. (Lui tendant la main.) C:)inuient allez-vous?
; De Riols. — Bien, et vous-même?
E FERitiiiK. — Dame! un peu ialigué! vous aussi, je l^peuse?
[ De Riols. — Un peu.
Ferrier lui désigne un siège, ils s'asseyent; silence.
K Ferhier. — Je vous écoute.
f De Riols. — Je dois vous avouer loyalement, mon- Uieur, que la démarche que je fais ma été imposée par mon comité. Ces messieurs pensent qu'un accord entre nous est désirable.
Fekrier. — Ils ont combattu. Le suffrage universel a prononcé. Ils déposent les armes. Je ne leur garde pas rancune.
De Riols. — Le suffrage universel!... Enfin!... Ferrier. — Mon Dieu, ne plaisantez pas trop ces pauvres électeurs.... Songez qu'ils auraient pu envoyer [ à la mairie Maréchal. Kous serons pour vous des adversaires, il est vrai, mais des adversaires courtois.
De Riols. — J'ai donc pour mandat de vous exposer I à quelles conditions mes amis consentiraient à vous ; prêter leur concours.
■ Ferrier, surpris. — Les conditions? • De Uiols. — Voici. Nous parlerons plus tard du programme. Occupons-nous d'abord de la formation de la
liste. La place de maire vous reste. Je me relire. Mais vous prendrez, parmi nos candidats, dix conseillers et trois adjoints, dont le premier adjoint.
Ferrief.. — Quoi?
De Riols. — Je vous indique sur quelles bases une alliance peut être conclue entre mon comité et le vôtre.
Ferkier. — Nous vous donnerions treize sièges quand nous avons eu sur vous une majorité écrasante.
De Riols. — Vous oubliez que nous sommes les maîtres de la situation!
Ferrier. — Vous plaisantez!
De Rioi.s. — J'attendais ce mouvement d'indignation et j'avais fait pressentir voire re'ponse à ces messieurs du comité.
Ferrier. — Je croyais que vous alliez engager vos électeurs à nous donner leurs voix.
De Riols.. — Quel intérêt avons-nous à vous pousser à la mairie?
Ferrier. — Il me semble qu'il est de l'intérêt général.... Voyons, voyons.... Songez-vous à vous représenter, dimanche? Vous ne serez pas élus.
De Riols. — Je ne pense pas que nous nous représentions.
Ferrier. — Allez-vous fondre en une seule liste la liste Petitchamp et la vôtre? C'est vous compromettre avec les cléricaux.... Vous courez au-devant d'un échec, monsieur de Riols.
De Riols. — Nous sommes peut-être naïfs, mais pas au point que vous le supposez.
Ferrier. — Alors?