ACTE TROISIKME
GiDON, à Fcrricr. — Vous savoz cc qu'ils demandent?
Ferrier. — Le prix pour la rosière.
GiDOji. — Ah! non. Pas ça. Voilà. Les jeunes gens qui veulent... sacrifier à la nature sont obligés de venir à Salente. Ça les ennuie. 11 paraît qu'un monsieur, honorable, d'ailleurs, jouissant de tous ses droits civils et politiques, a adressé une demande à la mairie pour....
AsTRAiD. — Oui. Je me souviens. La demande a passé par mes mains.
GiDON. — Recherchez-la.
AsTRAUD. — Ah ! l'autorisation sera donnée.
Turlin paraît.
Les Conseillers. — Ah!... Turlin.... Bonjour, Turlin....
Ferrier. — Diable !... on vous avait oubliés.... Pardon.
Les conseillers l'entourent.
Martin. — Eh bien?
Turlin, leur tapant sur l'épaule. — Sovez tranquilles, mes petits, vous passerez.... Quand je me charge d'une élection !... J'ai vu Dubouchet, le marchand de vins. Il peut vous donner trente-cinq voix, les habitués de son débit. Mais il demandera une autorisation permanente de tenir le débit ouvert jusqu'à deux heures du matin.
AsTR.vuD. — Accordé.
Turlin. — Puis il y a Gombaux, de la rue Malateste. Vingt ou trente [électeurs, celui-là. Seulement, c'est tantôt l'octroi et tantôt la police qui l'embêtent.
AsTRACD. — On ne l'embêtera plus.
Ferrier. — Mais.... (A Anna qui est entrée.) Qu'y a-t-il? (Anna lui remet deux cartes.) Ah !... Messieurs, je VOUS
demanderais de me laisser....
Massebœuf. — Nous allons continuer noire tournée. GiDON. — Et revoir tous nos amis.
Ils remontent.
Cbch.e, ouvrant une porte. — Papa, ton thé est prêt.
Elle disparaît.
André, entrant par le fond. — Voici l'épreuvc demandée.
ASTRADD, qui a pris Turlin à part. — Pcut-être feriez-VOUS
bien de prévenir vos amis qu'il y aura des remaniements dans notre liste.
TcRLiN. — Ah ! Ils s'en fichent!
Martln. — Au revoir, monsieur le maire.
Gidon, Martin, Massebœuf et Turlin sortent.
Ferrier, à Astraud. — Le directeur du Crédit Immobi- Jier et l'administrateur de la Banque de Salente sont là. Faites-les passer au fumoir. Puis venez prendre une tasse de thé et quelques hiscuits. Je n'ai pas eu le temps de déjeuner.
Astraud. — Moi non plus.
Ferrier, à André. — Voyons cette épreuve.
Ferrier et André sortent. Anna introduit Lévy et Vida
Astraud. — Bonjour, monsieur Vidal. Bonjour, monsieur Lévy.
Lé\'t. — Nous arrivons les premiers ?
Astraud. — Oui. M. le maire est en conférence. Il sera bientôt libre. Voulez-vous fumer un cigare en l'attendant?
Vidal. — Volontiers !
Astraud. — Entrez là. Excusez-moi si je vous laisse. M. Ferrier m'a fait appeler. (Vidal et Lévy sortent, a Anna qui