ACTE TROISIÈME
lui remet tiein caries.) Ah !...-qu'ils entrent au fumoir. Il y a deux de ces messieurs.
As'.'.aud sort. Anna introduit de Riols et Bouchonnct.
Anra. — Si ces messieurs veulent passer au fumoii-. ... M. Ferrier sera à eux dans cinq miiuiles.
Anna sort.
De Riols, reconnaissant Bouclionnci. — Tiens Bou-
clionnet!
BoDCHONNET, chauve, redingote étroite et trop courte. Il parle
d un ton doux. — Bonjour, monsieur le marcpiis, bonjour.
De Riols. — Je ne vous avais pas reconnu dans l'escalier. M. de Petitchamp ne vient pas?
BoccHONNET. — Non. Il m'a délégué à sa place. Je ne suis pas candidat. Js ne suis que le président de son comité. Cela me met bien à l'aise pour discuter. Savezvous que M. de Petitchamp a d'abord refusé d'assister à cette conférence et même d'y envoyer un mandataire ? Il ne s'est résigné que sur l'ordre formel de Mgr Rivière et de Mme Errazura, et lorsqu'il a appris que notre vénéré évèque serait lui-même représenté ici par son vicaire général, Mgr de Belraont.
De Riols. — J'ai eu les mêmes scrupules. Nous aboucher avec ces gens !
BoDCHONiNET. —7 L'intérêt du parti avant tout. D'ailleurs notre concours leur est indispensable. Ils mettront les pouces.
De Riols, hochant la tête. — Tout de même 1
BoucHONNET. — Ah 1 si ce malheureux scandale n'avait pas éclaté !
De RioLS. — Oui! ; Il se dirige vers le fumoir.) Enfin!
BoucHO.NNET. — MonsicuF Ic marcjuis. .. .
De Rioi.s. — Eh bien?
BoucHo.v.NET. — Sans celte déplorable atïaire de l'abbé Mitaine, nous nous serions entendus avant le second tour de scrutin. En fondant nos deux listes, nous tenions la victoire.
De Riols. — Que voulez-vous?... Cet imbécile d'abbé!
BOCCHO.N.NET. — HcU !
De Riols. — Quoi?
RoLCHo.NNET. — Nous avons des amis au Parquet
Ils se sont remués discrètement. Ils égarent doucement l'instruction, l'engagent dans une voie nouvelle, et peutêtre désigneront-ils à la jusiice un autre coupable. Quelle joie pour nous si on reconnaissait l'innocence de l'abbé! Quel revirement en notre faveur dans l'opinion publique! Voyez comme la campagne deviendrait facile....
De Riols. — Que n'avons-nous une certitude!
BoucHONNET. — Je l'aurai demain. Soyons donc prudents ce soir. Ne terminons rien avec ces messieurs. Si nous n'avons eu qu'une fausse joie, si on n'arrête pas l'individu soupçonné, eh bien! nous reprendrons les pourparlers avec M. Ferrier.
De Riols. — Oui! (André entre.) Toi!
B0UCH0>">''%T; flairant une scène, s'esquive. — Je VOUS laisse,
messieurs.