‹ ThéâtreChapitre 146 sur 174 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

Lévy. — Si monseigneur daignait y consentir, il me paraît tout désigné....

Madame Errazura. — Sans doute. La présidence appartient à monseigneur.

Assentiment général.

Monseigneur. — Soit. Je l'accepte. Posons d'abord nettement les termes des problèmes à résoudre. En premier lieu la confection de notre liste, avec...

Lévy. — Mais ne pensez-vous pas, monseigneur, que nous devons nous occuper d'aboi^d de l'affaire Mitaine? Comme moi, vous êtes convaincu de l'innocence de l'abbé. Si nous en apportions la preuve, quel soufflet donné à Maréchal ! Quel tollé contre lui !

BoicHONNET, évasif. — Oh! oli ! VOUS savcz...

Lévy. — Monseigneur pourrait ordonner une enquête, intervenir...

Monseigneur. — Non! oh! ne me parlez pas d'intervenir dans les affaires de ce genre. Je suis affecté au delà de toute expression, de l'épreuve qu'il plaît à Dieu d'envoyer à ce diocèse. Je tiens l'abbé Mitaine pour un bon et digne prêtre. Je suis sur de sa vertu. Mais je n'interviendrai d'aucune manière en sa faveur. Le public n'est que trop disposé à critiquer les agissements du clergé. Que dirait-il en voyant un évêque... Non! non ! c'est impossible !

BoucHONNET. — Si l'accusatiou qui pèse sur l'abbé est mensongère, Dieu prendra soin de l'en décharger à l'heure qu'il a lui-même choisie.

Sénart. — Et puis, c'est pas tout ça... Quand nous aurions la preuve de son innocence, il ne faudrait pas la donner.

244 LA VIE PUBLIQIE.

Tous. — Ohl Sénart!... Monsieui' le député!

Sénart. — Sans doute ! Maréchal est liomme de ressoui'ces. S'il ne peut plus chanter son grand air anticlérical, il entonnera un autre morceau. Laissons-le gémir sur un crime imaginaire. Et samedi, dans l'aprèsmidi, pas avant, obtenons du procureur, en faisant agir sur lui par Paris ou par la Préfecture, quil remette l'abbé en liberté. Nous aurons une affiche de la dernière heure... sensationnelle.

AsTRAUD. — Parfaitement raisonné.

Monseigneur. — Messieurs, nous allons donc examiner les titres des divers candidats.

BoucHONNET. — Pardou, monseigneur, pardon.. Excusez-moi, si je prends la liberté grande de vous interrompre. Mais il conviendrait d'être fixé sur la nature des sacrifices que ces messieurs entendent exiger de nous. Peut-être n'est-il pas en notre pouvoir de les consentir. En ce cas...

MoNSEiGHEUR. — jN'ous vcrrous bien, Bouchonnet.

BoucHONKET. — Mais que pense monsieur le marquis de...?

De Riols. — Discutons... Si quelque difficulté se présente, nous essaierons de l'aplanir.

BoiJCHONKET, surpris. — Ail!... SOit.

Ferrier. — Puisqu'on vient de parler de sacrifices, je dois déclarer pour ma part que, tout décidé que je suis à me montrer conciliant, je ne saïu'ais cependant mentir à mes principes. (Astrand lui fait signe.) J'entends garder mon programme, mes opinions.

Bouchonnet.^ Comment, radical-socialiste!... Vous entendez, messieurs, radical et socialiste à la fois! Nous

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