‹ ThéâtreChapitre 147 sur 174 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

arriverions peut-être jusqu'à républicain libéral... Mais radical-socialiste... Nous pouvons briser là cet entretien".

Madame Errazura. — Je n'engagerai jamais mes ouvriers à voter pour une liste radicale-socialiste.

AsTRAUD. — Oh ! mon Dieu, ne discutons pas sur des mots. Laissons cela aux électeurs. Pour eux l'étiquette est tout. Ayons moins de simplicité. Oui, nous nous présenterons comme républicains avancés. C'est d'autant plus nécessaire que nous allons remplacer nos conseillers socialistes par des conseillers modérés. Nos électeurs n'en prendront pas ombrage en voyant que notre couleur politique n'a pas changé : et les vôtre§ viendront à nous, en voyant leurs amis dans nos rangs. On gagne une moitié des électeurs par lopinion qu'on arbore, l'auti'e moitié par les opinions que l'on a.

Lévy. — Parbleu I

Sénart. — Gela ne souffre pas de discussion.

BoucHONNET. — Pardou ! mais...

De Riols. — Je crois que M. Astraud a raison.

BoDCHO!N>ET. — Comment! monsieur le marquis, vous...

De Riols. — Nous sommés ici pour nous faire des concessions réciproques.

MoNSEiGNEDR, vivement. — Parfaitement. (Pause.) Voyons donc les candidats que nous proposons à M. Ferrier.

De Riols tire de sa poche une feuille de papier qu'il passe à Ferrier.

Ferrier, après avoir lu. — Jamais ! Les six premiers, oui. Moutreynard et Rondoli, non.

Tous. — Pour quelle raison? Pourquoi?

Ferrier. — Montreynard est marguillier de iNotre- Dame de Salentc.

Lévv. — Ce n'est pas une raison!

Monseigneur. — Montreynard vous déplaît? Ecartonsle. Voyez ma complaisance! Mais pour le docteur Rondoli...

De RioLs. — C'est un honnête homme.

Lévy. — Qui a un sens politique très fin. Madame Errazura. — Et l'esprit large et tolérant. Ce n'est pas un sectaire.

Feruier. — Je ne reprendrai pas cet homme à la mairie.

Gerbier. — Certes, il est l'ennemi des grandes compagnies et de leurs privilèges. Au conseil municipal, maintes fois il a pris la parole contre la Compagnie du gaz et contre ma propre compagnie. Nous ne l'aimons guère aux Tramways. C'est lui qui mène les grévistes. Mais précisément, si, comme je l'espère, cette grève se termine demain, on en reportera sur le docteur Rondoli tout l'honneur. La liste où figurera son nom aura les voix de mes employés. Donc, en bonne politique... Ferrier. — Non! non! N'insistez pas.

MoNSEiOECR, — N'éternisons pas la discussion sur ce point. Réservons la question Rondoli, nous la réglerons ce soir. Et voyons par qui nous pourrions remplacer Montreynard .

De Riols, parcourant la liste. — Lacalade? Sylva? Morion?

Ferrier. — Ce sont des royalistes militants. '

De Riols. — Frucher?

Ferrier. — Il m'a attaqué dans le Petit Salentin.

De Riols. — Pierre Cornu? Gilon ?

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