ACTE TROISIÈME
Ferrier. — Ils m'ont insulté à la réunion de mardi.
De Riols. — Dertassol?
Ferrier. — Il m"a traité de juif sur une affiche.
MoNSEiGSEiR, vivemcni. — Ce n'cst pas Une injure.
Ferrier. — L'intention me suffit.
De Riols. — Alors... Je ne vois plus... Ah! le dernier... Vincent.
Ferrier. — Vincent? Qui est-ce?
De Riols. — Je n'en sais rien.
Ferrier. — Il était sur votre liste?
De Riols. — Oui.
Ferrier. — Et vous ne le connaissez pas?
De Riols. — Je ne l'ai jamais vu.
Ferrier. — Il n'allait pas à vos réunions?
De Riols. — Il était malade, paraît-il !
Ferrier. — Qui vous l'a proposé?
De Riols. — Quelqu'un... je ne sais qui... au comité.
AsTRAOD. — Ne serait-ce pas le pharmacien de la rue Française?
Sé:<art, qui a regardé la lisic. — Le nom du pharmacien s'écrit par a...i.
Gerrier. — Ahl le marchand de chevaux du cours Lamartine?
Sénart. — Non, son nom prend un s.
AsTRABD. — Enfin, va pour Vincent, puisque personne ne le connaît.
Ferrier. — Soit. J'accepte ce Vincent... provisoirement...
Mo>SEIGI«EDR. — Ali!... (Coup d'oeil à Gerbier.; Il nous
2*8 LA YIE PUBLIQUE.
reste donc à chercher en commun les moyens de terminer la grève.
Gerbier. — Oh ! la grève... J'ai déjà dit à M. le maire, et je le répète, qu'il ne nous est pas possible d'accueillir les revendications des grévistes, et notamment la dernière, celle qu'ils ont formulée hier • le relèvement du taux des salaires.
AsTRAUD. — Us ont des prétentions modestes.
Gerbier. — Y faire droit mènerait la Compagnie à la faillite. (Momomcni d'Astraud.) Nous ne céderons pas... à moins que... nous n'obtenions... par ailleurs... des compensations. Et voici qui m'amène naturellement à parler d'une autre question dont personne n'a soufflé mot, qui nous préoccupe tous cependant et qu'il importe de trancher. Vous savez ce que je veux dire.
Vidal. — M. Gerbier a raison, monsieur le maire. Le moment est venu d'examiner les termes du plus ardu problème que nous ayons à résoudre ce soir. (Pause.) La démolition des vieux quartiers.
Ferrier, qui commence à devenir nerveux. — Ah!... Ics
vieux quartiers.
Monseigneur, à Ferrier. — Je connais, cher monsieur, les beaux projets que vous avez formés. Mais ne pensezvous pas que les fonds de la ville seraient mieux employés à la rénovation de ces quartiers qu'à la fondation de crèches, d'ouvroirs, d'écoles professionnelles? Nous avons, nous, des œuvres semblables en pleine activité. Nous n'irons pas les fermer pour laisser prospérer les vôtres. Vous dépenseriez donc, je le crains, beaucoup d'argent en pure perte. Vous en avez un plus utile emploi.