ACTE TROISIEME. M
Lévt. — Je me range à l'opinion de monseigneur. Les écoles congréganistes de notre ville ont une organisation modèle et rendent les services nécessaires. C'est avec plaisir que nous avons mis à la disposition de ces diverses œuvres quelques-uns des immeubles que le Crédit Immobilier possède.
Ferrieu. — Dans les vieux quartiers.
Lévy. — Celui où les enfants sont le plus nombreux.
De Riols. — Il faut, monsieur le maire...
BoDCHON.NET, interrcnant. — Pardon, monsieur le marquis, pardon. On parle de nos œuvres, je désirerais...
Mo'SEio'EUR, l'arrêtant. — Il ne s'agit plus de nos œuvres...
BoucHO.N.NET. — PardoH, monseigneur, pardon. Et puisque nos sœurs portent aujourd'hui des habits laïques, je désirerais qu'il fût formellement entendu qu'on ne viendra plus nous tracasser dans nos écoles comme on l'a fait ces temps derniers.
MosEioECR. — Il n'est pas question de cela.
AsTRAOD. — On ne vous a jamais importunés.
Mad.vîie Errazura. — M. le maire a pris contre nous une série de mesures vexatoires et n'a pas caché son intention d'en prendre de nouvelles, s'il était réélu.
Ferrier. — Oui, je ferai fermer les écoles, maisons, refuges, installés dans des locaux insalubres.
Madame Errazura. — L'asile des jeunes filles phtisiques sans doute?
Ferrier. — Parfaitement. Les enfants qu'on y mène meurent en quelques mois.
Madame Errazlra. — Monslour, je ne tolérerai pas un pareil langage.
BoccHONNET. — Vous entendez ! Vous entendez ! AsTRAUD. — Monsieur le maire, laissez-moi parler... Madame, écoutez-moi...
Lévy. — Madame, monsieur... ne vous emportez pas, je vous en prie.
1*3 J De Riols. — Accusez-nous de les tuer.
Sénart. — Ne nous emballons pas... Tout ça n'a pas d'importance.
MoiNSEiGNEUR. — Oli ! monsieur le maire, comment
pouvez-vous dire 1...
Ferrier. — Je ne me ferai pas complice de meurtres.
Madame Errazura. — Nous n'hospitalisons que des
fillettes condamnées par tous les médecins. Nous veillons
à leur donner des morts chrétiennes.
Ferrier. — Essayez donc plutôt de les sauver. Madame Errazdra. — Nous sauvons leurs âmes ! Ferrier. — Hé! mieux vaudrait les guérir... Madame Errazura. — C'est indécent!... Je m'en vais.
Souvcau tumulte. Ils parlent tous en même temps. Ils sont debout et gesticulent-
BoncHONNET. — Oui, madame, vous avez raison, allons-nous-en.
Madame Err-\zura. — Oh! certainement... je pars. Astral D. — Non, madame, je vous en prie... Ne S < partez pas, madame Errazura.
s i De Riols. — Il nous faut une explication.
Lévï. — Intervenez, monseigneur... Ne laissez pas partir madame Errazura.
Ferrier. — Soit! Soit! Ne discutons plus!