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ACTE TROISIÈME

Gerbier, se rasseyant. — Je consens donc, alors....

Lêvy. — Monsieur le maire, n'oubliez pas que Maréchal a promis d'abattre les vieux quartiers ; or, il sera élu dimanche, si nous ne nous mettons pas d'accord ce soir, et les travaux seront exécutés.

Vidal. — Et dans quelles conditions cette opération se fera-t-elle si vous n'y présidez pas ! Maréchal, qui ne veut pas traiter avec ma banque, s'adresserait à je ne sais quels entrepreneurs, sans doute à ceux qui verseraient les plus abondants pots-de-vin. Ce serait un désastre pour la ville, monsieur le maire, songez-y bien, si Maréchal arrivait à la mairie et chargeait des entrepreneurs risque-tout de ces travaux.

De Riols, nettement. — Nous exigeons qu'on démolisse les vieux quartiers. C'est la seule façon d'assainir notre cité, de prévenir peut-être quelque meurtrière épidémie. Enfin, monsieur le maire, dans celte discussion, nous avons cédé sur tant de points, qu'il n'est qu'équitable que vous cédiez sur celui-ci. Mais sachez que de votre réponse dépend l'issue de cette conférence.

Ferrier, après une pause. — Je persiste à croire qu'on pouvait faire un meilleur emploi des deniers communaux. Mais, enfin, je vais à la mairie un peu pour exécuter les or'dres de mes mandants. Puisque Salente tout entière exige la démolition des vieux quartiers, puisque les ouvriers trouveront là du travail, puisque la santé publique y est intéressée, puisqu'il paraît enfin que l'opération est excellente pour la ville... soit.... Démolissons....

Joie générale. On se lève, on l'entoure, on le félicite,

Tous. — Ah! monsieur le maire. — Enfin! — La

2î>4 LA YIE PUBLIQUE.

bonne inspiration 1 — Je vous félicite. — Quelle reconnaissance vous de\Ta la ville!

Sénart. — Vous serez béni des pauvres gens, la mortalité diminuera dans les quartiers qu'ils habitent.

Monseigneur. — Notre chère cité va devenir superbe.

Vidal. — L'égale de Paris.

Lé\-v. — Et, plus tard, quand on jettera bas les autres quartiers, ceux qui avoisinent l'école de médecine, croyez-vous que de l'évèché à l'école il y aura une belle avenue, hein?

GfiRBiEu. — Monsieur le maire, vous pouvez faire appeler ce soir les grévistes et leur annoncer que la compagnie fait droit à leurs réclamations.

Sésart. — Quel succès pour vous !

Vidal. — Quel triomphe.

ÂSTRAUB. — Nous aurons une majorité écrasante.

Gerbier. — Je vous demande la permission de me retirer, monsieur le maire, je vais prévenir mon conseil....

Vidal. — Et moi, je retourne à la Eanque.... On va établir les devis.

Serrements de mains. Ils sortent. Bouchonnet s'est retiré à l'écart pâle de fureur.

MoNSEiGNECR. — Nous allons nous retirer, nous aussi.

Tocs. — Oui, en effet.

Sénart. — Ah ! permettez, messieurs, permettez ! On s'est occupé de M.Fenner : on vient d'assurer sa réélection. Voilà qui est bien. Mais si nous parlions de nous maintenant. Puisque nous sommes réunis, et nous représentons la haute bourgeoisie de Salente, les corps constitués, les grandes compagnies, les sociétés finan-

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