‹ ThéâtreChapitre 3 sur 174 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Madame Reymard. — Non. Qu'il ne quitte pas sa famille en ce moment. Sa situation peut s'aggraver. Il faut qu'il nous ait tous auprès de lui.

Mathilde. — Sans compter qu'il peut avoir des volontés à faire connaître.

Roux. — Qui l'empêcherait de prendre des... dispositions avant son départ? Nous trouverions même, là... un bon prétexte pour l'engager à manifester ses intentions relativement à sa fortune. Certes il n'y aura pas de difficultés entre nous, nous sommes trop unis..., mais il vaut mieux être fixés d'avance.

Laurent. — Évidemment !

Mathilde. — Tu as raison.

Roux. — Un voyage lui fera du bien... croyez-moi.... {leynard travaille trop.

Madame Reykard, désolée. — Mes pauvres enfants, votre père s'est tué pour vous.

Mathilde. — A t'entendre, on croirait que papa est perdu. 11 n'en est rien, heureusement, et tu vas voir comme nous allons le dorloter.

Roux. — Il a beaucoup peiné, c'est incontestable, mais il faut se donner du mal pour devenir un des premiers négociants de Marseille et amasser une grosse fortune.

Laurent. — Deux millions.

Madame Reynard, se récriant. — Deux millions !

Roux. — Oui... deux millions... c'est beaucoup... quoique cependant....

Madame Reynard. — Vous croyez que nous possédons tant que ça ?

Roux. — Dame! calculez. Notre marque et l'usine

valent six cent mille francs. Cette maison-ci qui est bien située, boulevard Longchainps, trois cent cinquante mille. L'immeuble de la rue^e Lodi, cinquante mille.

Mathilde. — Cela fait un million.

RoLx. — Restent maintenant nos valeurs. (A Mme Reynard.) Mieux que moi vous en savez le montant.

JUdame Rey.vvui). — Non... ça... je l'ignore.

RoDx. — Voilà belle-maman qui fait la cachottière I Reynard n'a jamais ouvert devant vous le coffre-fort où il met ses obligations?

Madame Reyk^ud. — Je n'ai pas regardé ce qu'il y a dedans.

Lalre.nt, riant. — Tu nous permets d'en douter, hein?

Roux. — Il a trois mille francs de rentes sur l'État, soit un capital de cent mille francs... plus cinquante mille francs en actions de chemins de fer du Nord.

Madame Reynaud, rectifiant. — Quarante mille francs de chemins de fer.

Roux. — Quarante mille. Soixante mille francs de Turc ; autant de la Compagnie des Docks, et trente mille francs euAiron de Transports-Réunis.... Nous sommes à douze cent quatre-vingt-dix mille francs. Ajoutez à cette somme une soixantaine de mille francs de créances diverses et de billets ea circulation, ce qui nous constitue une fortune totale de treize à quatorze cent mille francs.

Madame Rey.nard, à Laurent, — Tu vois ?

Roux. — A partager en trois.

Mathilde.. — En deux.... Laurent et nous.

Roux. — Et ta mère? Soit quatre cent cinquante mille francs pour chacun. Ce n'est pas le Pérou.

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