ACTE TROTSIÈMi
Houx. — Nous antres?
Mathilde. — Oui. Libre à loi de vivnî dans la ^êne, si le cœur t'en dit, mais moi j'entends ne me priver de rien.
Roux. — De quoi te prives-tu?
Mathilde. — Je n'ai pas d'automobile, pas de bijoux!
Roux. — Je ne suis pas assez riche pour t'olîrir tout cela.
Mathilde. — Tu pourrais l'être, et ne le veux pas. C'est justement ce que je te reproche. D'ailleurs, Mme Lambert a chevaux et voiture.... Son mari est moins riche que toi.
Roux. — Ses amants le sont davantage.
Mathilde. — Enfin, entretenue ou non, elle a de belles toilettes, un équipage, des diamants.
Roux. — Tu parles comme une sotte.
Mathilde. — Ah! pas de grossièretés. J'enrage de voir tous les plaisirs me passer sous le nez, sans pouvoir en goûter un seul, grâce à ce que tu appelles tes scrupules.
Roux. — Enfin, tu me conseilles de prévenir ton père?
Mathilde. — Je ne te donne aucun conseil. Fais ce que tu voudras. Ne t'occupe plus de moi. A l'avenir je saurai me débrouiller seub^
Elle remonte.
Roux, la retenant. — Tu dis?...
Mathilde. — Rien du tout.
Roux. — Explique-toi, je te l'ordonne.
Mathilde. — Lâche-moi, tu me fais mal.
Roux. — Je t'engage à surveiller tes paroles. Tu viens
78 LARGENT.
(le prononcer une phrase maladroite et qu'il ne faudi-ait pas répéter, ni'entends-tu? Quant à ton père, puisque lu le veux, il sera prévenu. Je me lave les mains de ce ((ui pouri'a arriver. Ce sera par ta faute et celle de ta mère. Si elle l'avait élevée autrement, peut-être la respecteraiij-tu davantage.
Mathilde. — Ta! ta! ta! Ne rejette rien sur moi. Seulement si j'ai un conseil à te donner, c'est de ne pas tarder à montrer les lettres à papa.
KoL'x. — Oh! maintenant que j'en ai pris la détermination....
Mathilde. — Ces lettres sont en ta possession depuis deux jom's. Si ma mère s'aperçoit de leur disparition, elle flairera le danger et se tiendra sur ses gardes.
Roux. — Tu as raison. Aussi dès que je....
Entrent par le fond Reynard et Bousquet.