‹ ThéâtreChapitre 56 sur 174 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

REYNAno, à Roux. — A moi?

Roux, gêné. — Oui.... Oh! ça n'ost pas pressé*.

ReyiNAri). — Et le contrat de vente? Je l'attendais.

Roux. — Je ne l'ai pas trouvé. J'ai cherché sur votre bureau.

Reynard. — Et dans les tiroirs?

Roux. — Non.

Reynard. — Il doit être dans celui de droite. Allez le prendre. J'ai fait monter Bousquet pour le.lui donnei-. Notre avocat l'attend.

Roux. — Le tiroir de droite?

Reyxard. — Oui. Sous les polices d'assurances.

Rouî sort. Julienne est entrée avec une bouteille et des biscuit? qu'elle pose sur la fable.

JuLiENîJE. — Voilà, monsieur.

Elle sort par le fond.

Reynard, s'assied. — Un verre de madère, Bousquet?

Bousquet. — Non, merci.

Reynard. — Avez-vous revu Fleury?

Bousquet. — Pas depuis avant-hier.

Reynard. — Qu'est-ce qu'il veut encore cet animal?

Bousquet. — Un rabais, c'est clair... comme M. Miguel. Il est venu se plaindre, hier. Il dit que les chocolats ne sont pas purs, qu'il fera demander une expertise....

Reynard. — Il m'ennuie. Qu'il la demande son expertise. Je ne la crains pas. (H boit.) .Je connais tous les experts d'ici. Enfin, ne nous plaignons pas, les affaires

* A la représentation, tout ce qui suit peut être coupé, jusqu'à la scène VII.

XO L'ARGENT.

ont assez bien m:irclié celle année, (il iwii.) Ah (;à,

pourquoi diable, quand je vous ai offert de l'argent

pour vous établir à votre compte, ne l'avez-vous pas

accepté?

Bousquet. — Hé! J'ai quatre enfants. Ma pauvre femme est morte. Si j'avais eu les soucis d'un commerce, qui se serait occupé des petits?

Rey.nard. — Vous vous seriez débarrassé d'eux. Vous les auriez fourrés en pension, comme moi. Ils se seraient élevés seuls. Aujourd'hui vous seriez à votre aise et vos fils se la couleraient douce, comme on dit.

Bousquet. — Il vaut mieux peut-être qu'ils soient obligés de tiavailler.

Reynard. — On peut toujours forcer ses enfants à travailler, il'ause.) On prétend que la richesse ne fait pas le bonheur. Quelle bourde! Tenez. Regardez ma famille. Tout le monde est heureux ici : ma femme, ma fille, mon fils, mou gendre. Et c'est à notre foriune que nous devons notre bonheur. Où voit-on des zizanies, des disputes? Dans les familles pauvres. Quand il n'y a pas de foin au râtelier,... vous connaissez le proverbe? ;Entre Roux). L'avez-vous trouvé?

Roux. — Le voilà.

ReyxNard. — Prenez-le, Bousquet. Et envoyez le gamin chez notre avocat. Dites au bureau que je descendrai dans un quart d'heure pour signer le courrier.

Bousquet sort.

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