‹ ThéâtreChapitre 57 sur 174 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

ROUX, REYNARD, puis JULIENNE

liRYNAUD, à Uoux. — Ln biscuit?

Roix. — Non, ça me couperait l'appétit.

Un silence.

Rey.nard. — Au l'ait, vous avez quelque chose à me dire.... D'urgent?

Roux. — D'urgent? Mon Dieu, non... C'est Laurent ijui me presse ; moi... j'aurais gardé le silence quelque temps encore.

Rey.nard. — Laurent? Vous avez à m'entretenir à son sujet? Encore une carotte?

Roux. — Oii! il s'agit d'autre chose... d'une chose grave !

Reïnard. — Concernant la fabrique?

Roux. — Non.

Reynard. — Alors, quoi?

Roux. — Voici. Je vous demanderai d'abord de m'écouter avec calme. Ce que j'ai à vous dire est [lénible. Il est nécessaire que vous m'entendiez jusqu'au l)out sans broncher. Vous prendrez, après, telle résolution qu'il vous plaira. Vous êtes un homme fort....

Reynard. — Pas de préambule... au fait.

Roux, lentement, par membres de phrases hachés. — J'y

arrive. Sachez d'abord que je ne me suis résignée vous avertir... qu'après un long débat de conscience. Notez encore que je suis seulement ici le porte-parole de votre

fille et de votre fils... C'est Mathildo qui m'a ouvert les yeux... qui m'a montré cette situation lamentable... C'est Laurent qui m'a engagé à vous la faire connaître... Vous ne pouviez clernellenient tout ignorer... vous eussiez passé pour un aveugle volontaire. .Moi, je me refusais à croire ce que l'on affirmait... C'était si invraisemblable... J'ai voulu dos preuves... Des preuves certaines... Il était inutile de vous chagriner inutilement... Oh! on m'en a fourni d'irrécusables....

Reynaud. — Que voulez-vous dire, à la fin?

Roux. — Si vous vous emportez, je me tais... Je vois bien que j'aurais mieux fait de ne pas entamer cette conversation.

Rev^ard. — Non, que diable, parlez ! Mais clairement. Voyons, il s'agit d'une canaillerie de nos acheteurs. Fleury...

Rocx. — Si ce n'était que cela I Mais rasseyez-vous, beau-père. Puisque j'ai commencé de parler, j'achèverai.

Reynard. — Finissons-en, Ces détours m'impatientent.

Roux. — C'est que... Je vais vous faire un grand chagrin.

Reïnard. — J'ai ou des embêtements dans ma vie... et plus sérieux sans doute que celui-là. Parlez sans crainte.

Roux. — Mais il no s'agit pas de votre commerce. Je me tue à vous le répéter... il s'agit de vous...

Rey>ard. — Je pense bien que ça n'est pas du grand Turc.

Roux. — Si vous ne m'aidez pas...

Rey5ard. — Parbleu! Vous avez l'accouchement laborieux.

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