ACTE QUATRIÈME
comment les choses se sont passées. Crois-tu, lorsque mon avocat aura parlé, que tu apparaîtras sous les traits d'un joli personnage? Et les lettres? Sien indique de quelle façon tu me les as volées ? Reyinard. — Ce n'est pas moi qui les ai prises, Madame Reynard. — Alors, ce sont tes enfants... Ce ?era du joli quand on le saura...
Reynard. — Tu oseras le faire dire ?
Madame Reynard. — Tiens! vous êtes tous là contre lîoi, tâchant de me voler ma situation, ma fortune, et JB n'essaierais pas de les sauver ? Tu sais bien les jeines que j'ai eues pour les gagner l'une et l'autre, le nal que je me suis donné. Il ne serait donc pas équitable que l'on me mît ignominieusement à la porte. E puis, à mon âge, je ne veux pas déchoir. Après tojt, ma jeunesse s'est passée dans notre boutique, à ndre comptoir, ou à nourrir et à torcher les enfants. J'â été une bonne mère et une bonne ménagère. Et aujourd'hui que me voilà riche, considérée, on medépouillerait de tout et je me laisserais faire avec ia Cupidité d'une brebis qu'on tond? Tu me trouverais tro^bête,..
R;YJiARD. — Enfin, tu t'opposes au divorce. Hdame Reynard. — Tu n'en voudras pas plus que moiquand tu auras mûrement réfléchi. C'est un vilain procs pour tous deux... Sans compter l'autre procès qui erait la conséquence de celui-là... je t'en avertis. ' Renard. — Quel procès?
Maame Reynard. — En correctionnelle ? Car enfi^^/^ il ne faut pas me conter des bourdes. Je suis re seigne. M. Barbier marchera bel et bien, si on i.
s'arrange pas à l'amiable. S'il ne. poursuit pas, il resterait à Miguel la ressource de l'assigner directement devant les tribunaux. Tu as des concurrents qui grossiront l'affaire et il y a des journaux qui en parleront.
Reynard. — LIntégrilél
Madame Reynard. — L'Intégrité et d'autres. Ce serait un tapage effroyable que tu ne provoqueras pas, j'eL suis sûre.
Reynard, goguenanl. — Une supposition... Que feraitt-on si je renonçais au divorce? Je ne suis pas fàcbi de connaître la petite combinaison que tu as imaginée.
Madame Reyinard. — C'est très simple. D'abord, tu nie rendrais les lettres... Oh ! pas pour les garder... Nois les brûlerions. Miguel irait chez le procureur poir déclarer qu'il se désiste de sa plainte. Tout serait taminé.
Reyi\ard. — C'est très simple, en effet..., mais si je n'accepte pas cette combinaison?
Madame Reynard. — Tu aurais grand tort... Tv le comprends de reste. Tu ne tiens pas essentiellenent à être mené en correctionnelle, hein? Et puis, si nous divorçons, avant six mois, tu t'en repentirs. A notre âge, on n'oublie pas en un jour trente a» de vie commune, quand on a subi ensemble bien des épreuves et supporté les mauvais temps. Tu seras malheureux de ton côté, moi du mien... car, nalgré tout, je n'ai jamais cessé de l'aimer, tu le sais. EUroistu que tes enfants le soigneront cobme moi? Il n'en veulent qu'à ta fortune. Tu vois ce qu'ils sont caables e faire pour l'avoir... Ce sont eux, j'en suis sue, qui c poussent à commettre quelque acte irréparabK . . Tu