ACTE PREMIER
Cécile. — Kt parla, c'est la propriété de M. de Riols.
Madame Gidon. — Ah!... Il est votre voisin!
Madame Tardied. — Le marquis de Riols? Le viceprtsident du Crédit Immobilier?
Cécile. — Oui. Voilà son parc... avec des chênes centenaires.
MiDAME AsTRAUD. — M. dc Riols est donc lie avec votre père ? Je l'ai aperçu parmi vos invités.
Cécile. — Il a eu de nombreuses conférences avec papa, à la mairie, quand cette épidémie s'est déclarée dans hs maisons du Crédit Immobilier.
MadaNe Astraud. — Je croyais que M. de Riols était un de nos adversaires politiques ?
Céci.e. — Mais non, mais non.
MadaMe Astraud. — Je doute cependant qu'il nous appuie de son influence, au moment des élections municipales, dans six semaines.
Madame Tardiec. — Est-ce qu'il n'a pas un fils?
Mad;«ie Astraud. — Si, M. André de Riols. Je l'ai aperçu, lui aussi.
CÉCUE, évasive. — Oui, Oui.
Mad;me Astp.add. — C'est un jeune homme... charmant. Avec intenîion.) N'est-ce pas, mademoiselle Cécile?
Céciie. — Oui... oui.... (Remontant.) Tenez, d'ici on voit toite la vil!»?.
M.\DAME Tardieu. — Oh! regardez, madame Gidon.... Est-ce beau !
Mad/me Gido', avec un geste. — Le clocher de Saint e- Segolèae?
Cécile. — Oui.... A droite, l'arc romain; plus loin l'avenue des Tilleuls... le parc Chantereine.
Madame Gidon. — C'est une route, à gauche?
Madame Tardieu. — C'est la rivière.
Madame Gidon. — Non, une route.
Cécile. — Madame Tardieu a raison : cesf la Ripaille. Au fond, la colline de Breuilly avec le sanctuaire de Notre-Dame de Salente.
Madame Gidon. — A côté, ces grandes casernes sombres?
Cécile. — Le monastère de Cloclie-Perce et le couvent des Dames de la Miséricorde.
Madame Astraud. — Des. nonnes et des moines î On ne les a donc pas expulsés?
Cécile. —Congrégations autorisées, madame Astraud.
Madame Astraud. — Et qui conspirent contre nous
avec l'argent de madame Errazura... une amie d« M. de
Riols.
Madame Tardieu. — Nest-ce pas le château de nnadame Errazura sur cette colline ?
Madame Astradd. — Oui, à côté de l'évêché et des monastères, naturellement.
Madame Gidon, à Cécile. — Quel est ce bâtiment, là, sous votre jardin ? j
Cécile. — La filature de mon père.
Madame Astraud. — Depuis qu'il est maire de Salente, est-oe que M. Ferrier a eu le temps de l'occuper de sa maison ?
Cécile. — Bien peu. Son fondé de pouvoirs la dirige-
Madame Astraud. — Nous aussi nous avions uœ maison de commerce, quand mon mari s'est mis dans la politique, il y a vingt ans.