Scène III
GIOTTO, FORÈSE. BELLACQUA, CASELLA, PICAR- DA, TESSA, DEUX JEUNES FILLES, UN MOINE, entré pendant le tumulte.
PlCARDA, entraînant Casella. — Allons ! Casella 1 Tessa. — Reprends ta chanson !
Toutes. — Oui, oui ! la chanson !
Casella. — Soit !
(Il gratte les cordes de son luth, fredonnant pour se mettre d'accord.)
PiCA DA. — C'est pour moi que tu l'as écrite ? Casella. — Non, jolie. Tout au plus en aurais-je pu
composer Talr à ton intention. Les vers ont été écrits, il V a bien des années déjà, pour une femme qui pourrait être ta mère, par le plus j^rand poète de Florence, Dante, dont je m'honore d'avoir été l'ami.
GiOTTO, de loin. — Gomme moi.
FoRÎiSE et Bellacqua. — Et nous.
PiCARDA. — Chanteras-tu ?
<^ASELLA, chantant Vir|D;'ile seul, le sublime poète.
Eût pu te célébrer, lumière de mes jours, Charme tardif de ma vie inquiète...
(Le moine, dont nul n'a l'eniarqué l'arrivée, qui s'est arrêté, puis assis, le capuchon sur la tèle, au pied de la colonne de Saint- .Jean, interrompt Casclla et rectifie le vers.)
Le Moine.
Charme coupable, hélas! de ma vie inquiète... (Bellacqua et Forèsc, prêts à s'éloigner, s'arrêtent au son de cette voix. Giotto se retourne.
GiOTTO. — Plaît-il ?.. (Bas.) Cette voix ? (Casella traverse la scène et vient au moine.)
Casella, saisi, de même. — Moine, qui es-tu ? (Giotto remonte vers le moine, tandis que Forèse et Bellacqua descendent à lui.)
PlCARD.\, aux autres femmes, dépitées comme elle en voyant Casella s'éloigner. — Allons ! C'est le moine à présent ! Tessa. — Ecoutez !... La Procession ! Là- bas !
(On entend, très loin, un cantique.) PiCARDA ET Les Autres. — La procession ! Vite ! Vite !
(Elles s'éloignent en courant.)