Scène II
Les mêmes, moins OSTASIO
Les Nonnes, achevant l'office. — Veni, electa mea, et ponam in te thronum meum . Alléluia.
(Un silence.)
L'Abbesse. — Mes filles, je suis chargée de vous demander des prières pour une femme à laquelle Tune de vous tient de près, et qui va paraître devant Dieu.
Gemma, à elle-même, inquiète. — Ma tante peut-être?
L'Abbesse, — Dieu lui sera sévère, car elle fut très coupable.
Gemma. — Ce n'est pas elle. Est-ce Francesca ? Mais Francesca est déjà ensevelie. (Pendant que les nonnes murmurent une oraison.) Pardonnez-lui, mon Dieu! Recevez-la ! Elle a tant pleuré, séparée par l'homme qu'elle n'aimait pas de l'homme qu'elle aimait... Pardonnez-lui ! Recevez-la !
Les Nonnes. — Amen !
L'Abbesse. — Et maintenant, levez-vous et venez faire à celle qui est votre mère en Dieu l'aveu public des fautes que vous avez commises en cette journée.
(Tandis que neuf heures sonnent, les nonnes viennent devant la cathèdre ; celle qui se trouve la première se met à genoux.)
DANTE 30d
La Première Nonne. — Je m'accuse de colère contre une de mes compagnes, qui soutenait que Sa Sainteté le Pape aurait tort de condamner le Commandeur des Templiers.
L'Abbesse. — Votre colère était légitime, autant que l'assertion de votre compao-ne est impie.
Une Autre Nonne. — Elle ne dit pas qu'elle m'avait d'abord traitée de g-uelfe...
L'Abbesse à la première. — Vous vous permettez ?...