‹ ThéâtreChapitre 145 sur 148 · Scène II · texte numérisé non relu

Scène II

/Vvec LE GRAND INQUISITKUR, rude visage de fanatique, salué très bas par Giotto, UN DOMINICAIN est entré.

L'Inquisiteur. — Demande audience pour moi à Sa Sainteté. Ajoute qu'il y a urg-ence.

(Suivi du coin de l'œil par Giotto, le Dominicain monte à la porte de la grande salie, et frappe. UN PAGE entr'ouvre un battant. Ils parlementent, sur les bouffées de musique.)

Le Page. — Le Grand Inquisiteur n'a qu'à entrer.

L'Inquisiteur. — Ce n'est pas au milieu des jong-leurs que je veux dire à Sa Sainteté ce que j'ai à lui dire; qu'elle daig-ne me recevoir à l'écart... (Le page rentre dans la salle du festin, dont la porte se referme... Sur la place, la foule gronde.) Ne grognez pas, bra.ves gens ! On s'occupe de vous.

Giotto. — C'est au sujet des condamnés d'aujourd'hui que Votre Eminence tient à parler au Saint-Père ?

L'Inquisiteur. — Oui. Et je m'attends à ce qu'il s'en étonne, n'étant plus préoccupé que des choses frivoles.

Giotto, tout en retouchant sa fresque. — Il tâche à oublier son mal.

L'Inquisiteur, baissant la voix. — Car il est très malade, n'est-ce pas ?

Giotto. — Je le crois. Rien que le fait de ne plus dormir,

L'Inquisiteur. — Et il n'a pas quarante ans.

Giotto. — On lui donnerait le double.

L'Inquisiteur. — Quelle porte pour l'Église, s'il vient à nous manquer. Oui de nous le remplacerait ?

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