Scène VIII Les Mêmes, M^^ DE BULOW, NEIPPERG
Le battant gauche de la porte du fond s'ouvre, et M"" de Bulow paraît d'abord, marchant avec précaution. Elle dépasse d'un pas le seuil, examine le cabinet sombre, qui lui semble désert, puis se hasarde à y entrer, prèle l'oreille dans la direction de la chambre de l'empereur, puis vers la porte de l'antichambre de droite ; rassurée par le silence et l'obscurité, elle revient sur ses pas, pousse, en passant, le battant droit de la porte du fond qui reste à demi-ouvert, et fait signe à gauche. Neipperg parait, enveloppé d'un nianteau, son chapeau à la main, Catherine a un mouvement, vite réprimé par l'empereur, qui s'est levé, tourne le canapé et remonte vers le fond, tandis que M"' de Bulow, qui a poussé le battant gauche, se diz'ige vers la porte de l'impé-
ratrice et que Neipperg, qui ne s'est montré que de dos et n'a pas dépassé le seuil, suit ses mouvements. Au moment où M"" de Bulow arrive à la porte de Marie-Louise, l'empereur vient à Neipperg, lui met brusquement la main sur l'épaule et le fait passer devant lui, en appelant.
L'Empereur. — Roustan !
M""' DE BuLOw, terrifiée. — L'empereur ! Roustan entre vivement, avec le flambeau qui éclaire Neipperg en plein visage.
L'Empereur. — Neipperg" !
Catherine, à elle-même. — Ah ! malheureux !... L Empereur, la voix sourde, frémissant de colère contenue. — Vous ? A cette heure ? Ici ! Vous !... (A Roustan, en désignant M^'deBulow.) Cette femme chez moi !
Roustan ouvre la porte. M°"de Bulow essaie un mouvement de supplication, que l'empereur interrompt d'un geste.
Neipperg, bas, tandis que M"' de Bulow se retire. — J'atteste que madame...
L'Empereur. — Il vous sied bien de parler pour elle !... M"" de Bulow disparait dans la chambre de l'empereur, dont Roustan referme la porte sur elle ; après quoi, il va refermer celle du fond, auprès de laquelle il se tient attentif, immobile.