Scène première
(Il fait encore nuit.) CHARMIANE et IRAS, dorment surdes
nattes qui encadrent la porte de droite ; leurs éventails de plumes sont tombés de leurs mains. Grand silence. Puis des pas précipités au dehors. On frappe, d'abord discrètement, à la porte de bronze. Iras se dresse.
Iras. — Charmiane !
CiiARMi.\NE, avec un sursaut. — ■ Hein ? Ou'est-ce que c'est?
Iras, à mi-voix. — Silence !
Charmiane, de même, — Que se passe-t-il ? Iras. — Tu n'as pas entendu frapper?
Charmiane. — Non. A quelle porte ? Chez la reine? (Elle montre la droite.)
Iras, montrant la gauche. — Ce serait plutôt chez Képhren. (On frappe de nouveau.) Ecoute ! C'est à la porte de bronze !
Charmiane. — Déjà? C'est à peine si le jour s'éveille.
Un homme, au dehors. — Iras !
Iras. — Tu vois! (Haut.) J'y vais...
(Elle se lève.)
Charmiane, vivement. — N'ouvre pas!
Iras, près de la porte. — Qui vient là ? L'Homme. — Amosis. Ouvre vite.
Iras, à Charmiane. — C'est Amosis, l'esclave d'Oljmpus.
Charmiane. — Tu as reconnu sa voix ?
Iras. — Oui.
(Elle ouvre au fond.) .