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Scène II

Les mêmes, AMOSIS, parait, portant un couffin plein de feuillage.

Amosis, à mi-voix, essoufflé. — Où est la reine ? Charmiane, montrant la droite. — Chez elle. Amosis. — Réveille la!

Charmiane. — Y penses-tu ? Qu'apportes-tu là ? Amosis. — Ce qu'elle a demandé à mon maître. (Il montre son couffin.)

Charmiane, s'approchant. — Des fîg-ues ! C'est pour des fig-ues ?..

(Elle avance la main.)

Amosis, vivement. — Ne touche pas à cela ! et viens ici ! Ecoute, (m'entraîne sur le seuil de la porte du fond. Iras, curieuse, se lève, et va les rejoindre.) N'entendez-vous rien ? (Moment de silence.)

Charmiane, prêtant l'oreille. — Si, tout au loin.

Iras, de même. — Vers l'Orient !

Charmiane. — On dirait une troupe en marche.

Amosis. — Et de ce côté... là-bas... vers les rampes du palais, ne voyez-vous pas comme des lueurs entre les branches des cyprès et des sycomores ?...

Iras. — Oui, on dirait le scintillement de l'eau courante au soleil.

Amosis. — Des casques ! Et des fers de lance !

Charmi.ane. — Sans doute ! on fait une sortie ce matin. Ce sont nos soldats qui vont prendre leur poste de combat en attendant l'arrivée d'Antoine ?

Amosis. — Ce ne sont pas nos soldats, Charmiane, mais les Romains !

Iras et Charmiane, efTrayées. — Ronne Isis !...

Charmiane. — La tempête ne les a pas anéantis?

Amosis. — Elle les a rendus plus furieux et plus pressés d'en finir !...

Iras, courant à la porte de droite. — Miséricorde ! Képhren !

Képhren, dehors. — Qui m'appelle ?

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