Scène III
Les mêmes, KÉPHREN (Képhren entre vivement par la gauche.)
Iras et Charmiane, ensemble effarées. — Les Romains ! dans la ville !
KÉPHREN. — Dans la ville ! Perdez-vous l'esprit?
Amosis. — Je les ai vus !
Képhren. — Toi ?
Amosis. — De mes yeux, en apportant ici l'aspic demandé par la reine. J'ai vu, te dis-je, un g-roupe d'officiers et de soldats romains, dans une barque, heurter à la porte des citernes...
Képhren. — Gardée par Thyrseus !...
Amosis. — Elle s'est ouverte devant eux !
Képhren, effrayé. — Trahison !...
Amosis. — Et, toute ruisselante encore de la pliiiedecet orag-e, affamée, souillée de boue, mais intrépide et sûie de vaincre, l'armée romaine fait son entrée par cette porte, et silencieusement cerne le palais !
Charmiane et Iras. — Trinité sainte !
Képhren. — Tout est perdu ! (A Iras et Charmiane.) La reine ! vite! éveillez la reine !... (Allant au fond.) A moi, les archers de garde... Où sont les archers ?
(Juba parait, au fond, dans le jardin, avec d'autres officiers d'Antoine, accourant, de tous côtés, gesticulant, effarés et désignant la ville.)