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Scène II

Les Mêmes, Corso, parait, en armes, suivi d'une troupe de Catalans, bérets et alpargates, la hallebarde sur l'épaule.

Malatesta. — Avec ses Catalans! Enfin ! (Venant aucorps de garde.) Fadrique I Tes hommes ici 1 Fabrique. — Présent !

(Fadrique et ses hommes, autres catalans, sortent du poste et se rangent à gauche de la tour, pendant que Corso et sa troupe débouchent de la voûte, suivis d'une troupe de gamins.)

Corso. — Halte ! C'est vous, Malatesta, qui me remettez les clefs ?

Malatesta. — C'est Fadrique !

Corso, à qui Fadrique les remet. — Merci. (A ses hommes qui vont entrer dans le poste.) Quand je vous dis : Halte !

OsTASio, s'approchant. — Capitaine ?

Corso. — Qui se permet? Ostasio !

OsTASio, bas. — Faites commanderla manœuvre par un autre; il faut que je vous parle, et je suis un peu pressé.

Corso, à l'un de ses hommes. — Remplace-moi. (A Ostasio.) De quoi s'ag-it-il ?

Ostasio, l'attirant à l'écart, lui et Malatesta. — Le pape est mort.

Corso. — Le diable l'emporte !

Ostasio. — Le Conclave va se réunir, et je vais chercher votre oncle en France.

Corso. — Dis-lui de m'apporter de l'argent, que j'en I. 44

dois à toutes les courtisanes de l'Italie et que ce n'est pas la peine d'être le neveu, au moins, d'un cardinal...

OsTASio, bas. — Vous serezbientôt le neveu d'un pape!

Corso. — Mon oncle aurait des chances d'être élu ?

Malatesta. — Il en a moins que le cardinal Boccasini.

OsTASio. — En effet, et je ne crois pas que le cardinal Bertrand soit nommé cette fois.

Corso. — Tant pis !

OsTASio. — Il le sera sûrement la fois prochaine.

Corso. — - A la bonne heure !

OsTASio. — Grâce à son ami, le roi de France".

CoRSO. — Ce brave Philippe le Beau...

M.\LATESTA. — Bien, mais Boccasini n'est pas vieux et peut durer longtemps.

Corso. — Nous y mettrons bon ordre ! (La garde descendante, sous la conduite de Fadrique, sort cependant par la gauche. Les gamins la suivent. Corso s'adresse à ses hommes.) Mes enfants, je vous annonce du nouveau.

OsTASio, bas. — Ne l'annoncez pas encore !

CoRSO. — ... Je paie du Malvoisie à la santé du pape! (Ce disant, il jette de l'argent à un Catalan qui s'éloigne.)

Les Hommes. — A la santé du pape !

(Ils entrent dans le corps de garde.)

Corso, qui les suit. — Dig-ne Ostasio, je te bénis! (Il entre en riant dans le corps de garde,)

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