Scène V
Cependant les nouveaux venus se sont rapprochés de la Tour, ricanant et s'adressant à ia fenêtre grillée.)
Un Artisan. — Eh ! là-haut ! Ug-olia ! Un Bourgeois. — Ug-olin !
Tous, criant. — Eh ! Ugolin !
(Un silence.)
Un Autre. — Ils ont tant crié, pleuré, appelé, hurlé, pendant trois jours, qu'ils n'en peuvent plus ! Une Femme. — Depuis hier, on n'entend rien ! Un Vieux. — Chut ! Ecoutez !
(Silence.)
Premier Bourgeois. — Non, je te dis 1 Ils sont à bout de force !
Un Autre. — Ils dorment, quoi !
Un jeune Artisan. — Nous allons les réveiller !
(Il ramasse de la neige et en fait une boule. Bernardino bondit sur lui.)
Bernardino. — Vous allez vous taire !
L'Artisan. — Hein ?
Bernardino. — Et jeter cette neig-e !
L'Artisan. — Moi ?
Bernardino. — Sous peine de l'avaler !
L'Artisan. — Soit !
Bernardino. — Et rentrer chez vous, sans qu'on vous ♦y pousse...
L'Artisan. —Il suffît ! On s'en va...
(Tous s'éloignent, grognant.)
Bernardino. — Lâche vermine ! Mauvais chiens, rampant devant le maître, abovant au vaincu !