EUGÈNE LABICHE
celle-ci : « Aujourd'hui encore, courbée sous le poids des ans et marchant avec peine, ne croyez pas que son dévouement se ralentisse. » Mais je crains bien de ne pas ouwir les yeux à JM. Sardou sur sa déplorable façon d'écrire. C'est un innocent, en matière de langue. Il ne se doute pas de ce que nous cherchons, de ce que nous trouvons parfois. II n'a le sentiment ni de la solidité, ni de la couleur, ni de la ligne, dans la phrase. Sans doute, un rapport sur les prix de vertu décernés par l'Académie est un sujet
fâcheux; mais encore doit-on le traiter proprement, sans faire une si incroyable dépense de blague parisienne et de lourdeur bourgeoise. Gavroche ne va pas sans Prudhomme. J'ai écrit un jour que M. Sardou n'avait pas notre estime littéraire, ce qui a paru le blesser beaucoup. Je voulais simplement dire que M. Sardou n'était pas un écrivain ; et, comme si Daniel Rachat, sa tentative de grand style, n'avait pas suffi, voilà qu'il s'acharne, et qu'il vient encore de nous le prouver, en pleine Académie française.