EDMOND ET JULES DE GONCOURT
Le Théâtre complet de MM. Edmond et Jules de Concourt ne contient que deux pièces : Henriclle Maréchal et la Patrie en danger.
J'ai dit mon étonnemenl de ne pas voir repri-ndre Henriette Maréchal à la Comédie- Française. Cette pièce, qui n'a pas été écoutée et qui, par conséquent, n'est point connue, serait une haute curiosité littéraire. Songez que le vacarme, sous lequel une bande d'imbéciles l'a tuée, date déjà de quatorze ans. L'heure n'estollo pas venue de juger l'œuvie sans passion, aujourd'hui que MAI. de Concourt sont sortis triomphants de leur longue lutte et que leur grand talent ^'.'impose? Tôt ou tard, la pièce sera reprise, caril y a là uner|iiestion de justice; alors, |]onrqnoi attendre davantage? M. Perrin et les sociétaires de la Comédie-Française s'honoreraient, en aidant tout de suite à la revision d'un procès, qui est un peu leur cause personnelle. El
mon avis est qu'Henriette Maréchal ne doit pas être reprise ailleurs qu'à la Comédie-Française. C'est là ([u'on l'a assassinée, c'est là qu'elle doit revivre, sur les mêmes ijlanches, dans des conditions identi(jues d'existence.
Quant à la Patrie en danger, que la Comédie- Française a refusée jadis sous le titre de Blanche de la Roche-Dragon, elle n'a été jouée nulle part, et j'en ai dit également ma grande surprise. Lorsque tant de directeurs risquent de grosses sommes sur des drames ineptes, il est vraiment stupéfiant que la seule tentative un [leu sérieuse de drame historique n'ait pas trouvé un homme convaincu pour la risquer dans un théâtre quelconijue. Mettons ((ue la pièce fasse des recettes médiocres; beaucoup do pièces on sont là, et celle-ci aurait tout au moins soulevé un vif intérêt littéraire. C'est déjà quelque chose pour nu directeur (pie de s'honorer,' on cliercnunt le