‹ ThéâtreChapitre 18 sur 151 · THÉRÈSE, MADAME RAQUIN, SUZANNE, MI CHAUD, GRIVET · texte numérisé non relu

THÉRÈSE, MADAME RAQUIN, SUZANNE, MI CHAUD, GRIVET

Thérèse, madame Raquin et Suzanne, en toilette de noce, entrent par la porte du fond. Madame Raquin et Suzanne n'ont plus leurs châles ni leurs chapeau.r. Thérèse est en soie grise; elle va s'asseoir à gauche, d'un air las. Suzanne reste à la porte et se débat un instant contre Grivet et Michaud, en habit noir, qui veulent suivre les dames.

Suzanne. — Mais non, mon oncle I mais non, monsieur Grivet I On n'entre pas dans la chambre de la mariée ! C'est inconvenant, ce que vous faites là. (Michaud et Grivet entrent quand même.)

MicnAVV, bas à Suzanne. — Tais- toi donc, c'est une farce... (De même à Grivet.) Vous avez le paquet d'orties, monsieur Grivet?

Grivet. — Certainement, depuis ce matin, dans la poche de mon habit... Ça m'a même beaucoup gêné à l'église et au restaurant. (// s'approche sournoisement du lit.)

Madame Raquin, avec un sourire. — Allons, messieurs, vous ne pouvez assister à la toilette de la mariée.

Michaud. — La toilette de la mariée ! Ah ! chère dame, quelle charmante chose !... Si vous aviez besoin de nous pour les épingles, nous vous aiderions. (// rejoint Grivet.)

Suzanne, à madame Raquin. — Jamais je n'ai vu mon oncle si gai. Il était rouge, rouge, au dessert.

Madame Raquin. — Laisse-les rire. Un soir de noces, il est permis de s'amuser. A Vernon, on en fait bien d'autres. Les mariés ne peuvent fermer l'œil de la nuit.

Grivet, devant le lit. — Fichtre 1 ce lit est d'un moelleux!... Touchez donc, monsieur Michaud.

Michaud. — Bigre : il y a au moins trois matelas... (Bas.) Vous avez fourré les orties dedans?

' Grivet, de même. — Juste au beau milieu. ' JIiCHAUD, éclatant de rire. — Ha ! ha ! vous êtes trop farce, positivement.

Grivet, riant également. — Ha I ha I elle est réussie, celle-là, n'est-ce pas?

Madame Raquin, souriant. — Messieurs, la mariée attend.

Suzanne. — Voyons, vous en irez-vous?

Vous êtes agaçants, à la fin !

Michaud. — Bien, bien, nous partons.

Grivet, à Thérèse. — Madame, nos compliments, et une bonne nuit.

Thérèse, se levant et se rasseyant. — Merci, messieurs.

Grivet, serrant Id main de madame Raquin en se retirant. — Vous ne nous en voulez pas, chère dame?

JIadame Raquin." — Comment donc, mon vieil ami, un soir de noces 1 {Michaud et Grivet s'en vont lentement en pouvant de rire.)

Suzanne, fermant la porte derrière eux. — Ne revenez plus surtout... Il n'y a que le mari qui ait le droit de venir, et encore, lorsque nous le lui permettrons.

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