‹ ThéâtreChapitre 46 sur 151 · RABOURDIN, CH.\RLOTTR, DOMINIQUE · texte numérisé non relu

RABOURDIN, CH.\RLOTTR, DOMINIQUE

Rabourdin, se /pi'an^ — Là, là, mes enfants, ne vous chagrinez pas... L'argent ne donne pas le bonhenr... Quel couple de chérubins vous ferez !

Charlotte, à Dominique. — Tu l'entends?... Va, j'avais deviné. Plus un sou... (A Hahourdin.) Alaintenant, mon parrain, je veux tout savoir.

Dominique. — Parle-lui doucement.

R.-vBorRDix. — Sans doute, elle me bouscule... Moi, qtiand on me bouscule, je perds la tête.

Charlotte. — Ne iilaisantons pas... A qui avez-vous donné les trois mille francs?

Rabofbdix. — A qui?

Charlotte. — Oui, à quelle nièce, à quel neveu? Dans quelle poche dois-je les reprendre, enfin?

LES HÉRITIERS RABOURDIN

Uabourbin. — Dame ! faudrait quo je pusse me souv'pnir...

Charlotte. — Le vieux Chapuzot, peut T-tre?

R^VBOURDiiJ. — Oui, peut-être.

Charlotte. — Cette biqr.e de mailame Fiquet?

R-tBOUKDiN. — Case pourr.iil.

CnAKLOTTE. — Ou Cette chipie de madame Vaussard?

RABorRDiN. — Eh ! eh ! je n'en mettrais pas la main au feu. {Il traverse et remonte la srrnc.)

Charlotte (1). — Mais parlez, dites un oui ou un non bien net i... (/( Dominique.) Crois-tu que j'aie besoin de patience !

Dominique. — Tn t'emportes, tu te fais du mal.

E.iBOTTEDLS, redescendant. — Eh 1 je ne sais pas, je ne peux pas savoir ! Cent sous d'un côté, cent sous de l'autre, parbleu ! La caisse s'est vidée, sans quo je devinasse par quelle fente ! Ils étaient une bande à m'emprunter, à me carotter, à me voler... Ce que je sais, c'est qu'ils ont emporté jusqu'au dernier liard.

Chaelotte. — Voilà. Nous somjnes remt.-oiir.sés.

Rarourpiîî. — Si je les avais, vos trois mille francs, je vous les rendrais tout de suite, .'e n'ai jamais rien eu à m.oi. Vous le retrouverez tôt ou tard, cet argent... {S'atlendri.-isant.) On retrouvera tout après ma mort.

Charlotte. — Ah I non, pas cette farce-là avec pioi ' Je sais ce qu'on retrouvera... Alors, mon argent est allé à toute la clique?

R.iBouBDiN. — Mes pauvres enfants !

Charlotte. — Eh bien ! toute la clique paiera... Jour de ma vie ! ils rendront gorge ou je ne me nomme pas Charlotte... {Asseyant ciolemment Babnnrdin sur le fauteuil, à gauche.) Vous d'abord, vous allez vous allonger là-dedans et ne plus bouger.

FlAEOURDiN. — Ne me brutalise pas... Pourquoi ne plus bouger?

Charlotte, à Dominique. — Toi, tu vas courir chez les amis, les neveux, les nièces, *t me les enMiyer tout de suite... Tu leur diras que l'oncle Rabourdin est à l'agonie.

Raboltrdi>-, effrat/L — A l'agonie?

Charlotte. — Oui. à l'agonie !... Ajoute qu'il crache le sang, qu'il râle, qu'il a perdu l'ouïe et la vue.

Rabourdin. — Mais non, mais non !... Je voudrais savoir...

Charlotte. — Ah ! pas d'explication, n'estce pas? Vous allez trépasser, c'est convenu... {A Dominique.) Tu m'as comprise?

Dominique. — Oui... Bonne chance. (// se dirige vers la porte du fond.)

Charlotte. — Non, passe par 1.^. (Elle lui indique la porte de gauche.) Et n'en oublie pas un, envoie-los-moi tous.

Dominique. — Ils seront ici avant un quart d'heure. (// .lort par la porte de droite.)

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