‹ ThéâtreChapitre 49 sur 151 · SCENE V RABOURDIN, CHARLOTTE · texte numérisé non relu

SCENE V RABOURDIN, CHARLOTTE

Raboubdin, se levant d'un bond et allant ouçrir toute grande la porte que Charlotte vient de refermer. — Ah 1 misérable ! gueux 1 scélérat !

Chablotte, refermant la porte. — Taisezvous, il est encore dans la salle à manger.

Rabocbdin. — Laisse-moi me soulager...

(Rouvrant la porte.) Vaurien ! coquin ! assassin !

Chablotte, refermant la porte. — Eh 1 vous allez tout gâter... Vous voilà rouge comme une pivoine.

Raboubdin, descendant la scène, gravement. — J'ai du sang sous la peau, bien sûr?

Chaelotte. — Certes.

Rabopedix. — Mes yeux sont vivants?

Charlotte. — Très vivants.

Rabourdix. — Et ma langue est à sa place?

Chablotte. — • Il me semble qu'elle s'acquitte joliment de sa besogne.

Raboubdix, montrant le poing à la porte. — - Canaille :... (A Charlotte.) Touche-moi un peu, pour voir. Comment me trouves-tu? .Suis-je froid?

Charlotte. — Vous êtes d'une bonne chaleur, mon parrain.

RABOTJRDrs, soulagé, s' abandonnant. — Ah ! tu me fais du bien ! Je renais... Ce brigand de Chapuzot a une façon si convaincue de vous croire mort et enterré ! J'agonisais sous la couverture, j'avais mal partout... Il a dit : « Ma caisse », ce cadavre ! Jamais tu ne tireras un sou de cette affreuse carcasse.

Charlotte, qui regarde par la fenêtre. — Si, si,!'ayez quelque patience. (Elle revient vivement et le fait asseoir dans le fauteuil, à droite. )

Rabotjbdix. — Je ne fais plus le mort, ça m'attriste.

Chablotte. — Boa ! ...Soupirez un peu, mon parrain... (Rabourdin soupire agréablement.) Ce n'est pas ça, c'est un soupir de demoiselle que vous faites là !... Tenez, plus fort, dans ce genre. (Elle jette un soupir douloureux.) Un râle, un beau râle.

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