‹ ThéâtreChapitre 67 sur 151 · MAD.\ME VAUSSARD, RABOURDIN, MADAME FIQUET · texte numérisé non relu

MAD.\ME VAUSSARD, RABOURDIN, MADAME FIQUET

Madame Piquet, le tirant à' elle. — Ah! c'est tout ce qu'on devait retrouver après votre mort !

Rabourdin, ahuri, suppliant. — Ma bonne Lisbelh...

Mab.ime Vaussard, le tirant à elle. — Ah ! la caisse était vide.et vous vous moquiez de nous!

Rabouedin. — Ma chère Olympe...

Madame Fiquet, même jeu. — Vous vous faites dorloter depuis di.K ans !

Rabourdin. — Ecoutez...

Madame Vaussard, même jeu. — On vous comble de cadeaux !

Rabourdik. — Laissez-moi vous dira...

Madame Fiquet. — Comment voulez-vous que je marie ma fille, maintenant?

-Madame \'aussard. — Comment voulezvous que je paie mes dettes?

Rabourdin. — Par grâce... Lisbeth! Olympe!

Madame Fiquet. — Non, non... Ah ! il vous faut des pendules Louis XV ! Et moi je paie comme une béte !

Madame Vaussard, — Ah ! il vous faut un bel enterrement, trois cents francs de cire, cinq cents francs pour les pauvres I

Rabourdin. — Eh 1 nullement... Si vous saviez...

Madame Fiquet. — Vous vouliez que la pendule .sonnât votre dernière heure.

Madame N'aussard. — Vous vous êtes fait embaumer à mes frais !

Radoubdin, se fâchant. — Mais pas du tout. Que diable ! un mot...

Madame Fiquet, lui lâchant le poignet et le repoussant. — Taisez-vous !... Vous nous avez promis trop longtemps de mourir. Vous êtes mort 1

Madame Vaussard, le repoussant tgatemcni.

(1) Madame Fiquet, madame Vaussard.

— Xotre oncle est mort, nous n'avons plus d'oncle !

Rabourdin, les implorant tour à tour. — Voyons, la paix, mes bonnes nièces... Les petits cadeaux...

Madame Fiquet. — Plus de cadeaux, entendez-vous 1

Rabourdin. — Les petits cadeaux...

ALiDAME Vaussard. — Jamais, jamais !

Madame Fiquet. — Et moi, j'emporte ce qui m'appai'tient... {Elle traverse et monte au fond, à gauche.) .\ttendez, tout ce que je retrouverai...

Madame Vaussard. — Moi aussi. {Elle traverse et monte au fond, à droite.)

Madame Fiquet. — D'abord le tire-bouchon et la boîte de petites cuillers. {Elle les prend sur le guéridon et les met dans sa poche. )

Rabourdin, courant derrière elle. — Lisbeth ! Ah 1 non, par exemple !

Madame Vaussard, rfcfa/it/efiu^e/. — Le rond de serviette... la timbale... (fHe les met dans sa poche. )

R.\boubdin, lâchant madame Fiquet pour courir à madame Vaussard. — Olympe, veux-tu bien laisser ça?... Des cadeaux, c'est sacré. {Elle passe à droite. )

Madame Fiquet, gui est descendue à Vavantscène et qui passe à gauche, se dirigeant vers le canapé. — Le coussin sous mon bras... {Elle remonte au buffet.) La cave à liqueurs sous mon autre bras.

Rabourdin, lâchant madame Vaussard pour courir à madame Fiquet. — Finis donc, Lisbeth ! Je ne vous laisserai pas sortir d'ici. {Il barre la porte de son corps.)

îLvDAME V.\ussabd, à gauchc, se chargeant des objets. — Le plateau... la chaise... et la jardinière.

Rabourdin, la poursuivant. — Pas de mauvaises farces. Olympe ! Tu vas casser quelque chose.

Madame Fiquet, à droite. — Voyons, j'ai encore une main libre. {Regardant autour d'elle et apercevant le baromètre accroché au mur.) Ah 1 le baromètre ! {Elle le décroche.)

Rabourdin, la poursuivant. — Mon baromètre !

Madame Vaussard. s'échappant. — Adieu, mon oncle ! {Rabourdin tourne sur lui-même sans pouvoir la saisir.)

Madame Fiquet, n'échappant. — Adieu, mon oncle ! {Même jeu de Rabourdin.)

Rabourdin, sur le seuil de la porte. — Voleuses I voleuses !... .\u secours ! arrêtez-les !... {Il revient en chancelant.) Ah ! misère, on me ruine !... Je suis ruiné, ruiné, ruiné ! Je n'ai plus d'héritiers !) Il se laisse tomber sur la chaise, à droite, en se lamentant. Charlotte, qui a assisté à la fin de la scène, de la porte de la cuisine, entre en riant aux éclats.)

SCÈNK XI

Page 1