‹ ThéâtreChapitre 68 sur 151 · RABOURDIN, CHARLOTTE · texte numérisé non relu

RABOURDIN, CHARLOTTE

Rabourdin. — Ruiné !... C'est toi, petite gueuse, qui m'as ruiné !

Charlotte, se laissant tomber sur une chaise, près du canapé, prise d'un fou rire. — Laissezmoi rire... Le rire est si bon I

LES HÉRITIERS RABOURDIN

Rabourdin. — Plus de cadeaux, plus de douceurs, plus rien... Eh 1 je ne t'avais pas permis de les maltraiter ainsi 1 Tu me rends mes héritiers en morceaux.

Charlotte. — Riez donc, mon parrain.

Rabourdin. — J'ai tout perdu. Ils ne reviendront jamais.

CH.iRLOTTE, se levant. — Eux ! la bonne histoire ;... Je vais vous les ramener humbles, repentants, caressants.

Raboirdin, se levant. — Toi?

Charlotte. — Eh 1 oui, tout de suite, si vous voulez; Bon Dieu! que seraient-ils donc, vos héritiers, s'ils n'étaient plus les héritiers Rabourdin? Sentis entier les montrerait au doigt; plus un coup de chapeau, plus la moindre estime, plus le moindre crédit. Comprenez donc que leur seule position sociale est d'attendre votre bien ! Que diable, ils ne peuvent se mettre euxmêmes sur le pavé !

Rabourdin. — Ma nièce Vaussard était bien furieuse.

Charlotte. — Bast ! Elle ne saurait que dire à ses créanciers... Vous êtes sa garantie.

Rabourdin. — Jamais je n'ai vu ma nièce Piquet dans une telle colère.

Charlotte. — Et sa fdle, comrnent la marierait-elle? Vous êtes sa dot, à cette enfant... {Allant au fond.) Elles ne sont pas loin. Elles ne savent comment revenir... Je vais vous les ramener, vous dis- je. [Elle les appelle de la main.) Les voici 1

Rabourdik. — Ah ! j'ai bien besoin d'être un peu gâté. (// passe sa robe de .chambre, qui se trouve jetée sur la caisse, et s^ asseoit à droite.)

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