SCÈNE XII
LES PRÉCÉDENTS, MADAME PIQUET, MADAME VAUSSARD, puis EUGÉNIE, LEDOUXetIS-^C.
Charlotte, bas à madame Vaussard, qui rentre, gênée, défiante, et qu'elle débarrasse des objets dont elle est chargée. — Vous avez eu tort, madame. Monsieur Isaac est là. Prenez garde... Je jurerais que votre cousine va manger votre oncle de caresses avant cinq minutes.
Madame Vaussard. — Je ne suis pas plus sotte qu'elle, peut-être. {Elle va chercher un coussin sur le canapé.)
Charlotte, bas à madame Piquet, qui rentre et quelle débarrasse à son tour des objets qu'elle rapporte. — Ah I madame ! une femme de votre génie ! N'ébruitez rien. Songez à votre demoiselle. Monsieur Ledoux est là. {Montrant madame Vaussard qui s'approche de Rabourdin, un coussin à la main.) Eh ! regardez votre cousine. La voici déjà aux petits soins.
Madame Piquet, gardant le coussin dont Charlotte veut la débarrasser. — Bien, bien... Je n'ai pas cessé d'aimer notre bon oncle. {Elle se précipite vers Rabourdin et arrive juste à temps pour placer derrière son dos le coussin quelle a rapporté. Madame Vaussard cherche U7i instant ce qu'elle peut faire de celui qu'elle tient à la main, et finit par le mettre sous les pieds de son oncle.)
Isaac, entrant. — Comment ! il est levé !... {Madame Vaussard, inquiète, l'amène à droite.) Screz-vous au moins en règle aux échéances?
Madame Vaussard, bas. — Chut !... Fi I parler de cela, quand vous me voyez encore tout en larmes... Plus tard.
Ledoux, entrant avec Eugénie. — Déjà en convalescence 1... {Madame Piquet, effrayée, le retient à gauche, au fond.) Et le mariage, et mes douze cents francs?
Madame Piquet, bas. — Chui !... C'est honteux, lorsqu'un miracle nous rend un parent si tendrement aimé... Plus tard. {Madame Vaussard revient près de Rabourdin, derrière lequel se tiennent également madame Piquet et Eugénie. Ledoux et Isaac sont au fond, l'un à gauche, l'autre à droite. Charlotte, appuyée au canapé, sourit en regardant la scène.)
Rabourdin, balbutiant. — -Je suis touché, bien touché, mes enfants...