SCÈNE II
Les MÊMES, MAGUELON, puis ANTOINETTE
Maguelon : costume de paysanne vosj^ionne. — Antoinette persiste évidemment dans les modes des derniers temps de la cour. Glieveux couleur « cheveux de la Reine ». Coiffure à l'enfant. Pour le resta de la toilette, voir la gravure de la romance intitulée « Cécile et Julien ».
MAGUELON Vous m'appelez. Monsieur? (Elle aperçoit Jean Drapeau.) Oh!
le pauvre garçon ! Il est tout blanc. Il saigne. (Eiie lui tape dans les mains.) Eh! camarade, réveillons-nous.
ANTOINETTE, lente, gracieuse, infiniment maniérée.
Qu'y a-t-il donc, Lazare, et quel est tout ce bruit? Ah! un blessé ! Un jeune homme. Vous plaît-il que je lui fasse respirer ce flacon de sels?
(Elle s'approche de Jean Drapeau toujours évanoui.) JEAN
Hein? Qu'est-ce? Comment. Voilà, capitaine! (ii fait le
salut militaire.) Je SUIS deboUt.
LAZARE, à Maguelon et au fourrier.
Aidez-le à descendre, et faites apporter un brancard. (Au fourrier.) Vous Viendrez me prendre pour aller à la Cour martiale. Hâtez-^ous.
i2 THEATRE EN PROSE
JEAN, soutenu par Maguelon et le fourrier.
Diles-donc, capitaine, dans votre rapport, vous n'aurez pas besoin de dire que je me suis évanoui, n'est-ce pas?
LAZARE
Je dirai que tu es un brave, Jean Drapeau, et que je t'ai embrassé.