‹ Théâtre en proseChapitre 71 sur 143 · SCÈNE m ELISABETH , ETIENNE , puis, plusieurs Serviteurs sur la · texte numérisé non relu

SCÈNE m ELISABETH , ETIENNE , puis, plusieurs Serviteurs sur la

terrasse, puis RHODZKO, puis ETIENNE ELISABETH

Oh! ne meurs pas, ne meurs pas, mon Etienne ! Tu ne mourras pas, dis-le moi. Elle comprendra, la très chère Vierge, qu'il m'a fallu mentir pour maintenir Thonneur de ma maison, et, comme elle est jnère aussi, elle ne me prendra pas mon enfant. Bienheureux Anges! si tu allais mourir I

ETIENNE

Mère, vous me serrez trop fort.

ELISABETH

Je t'ai fait du mal? Réponds, est-ce que tu souffres? Tu n'es pas malade au moins?

ETIENNE

Non, mère. Mais vous, pourquoi pleurez-vous? Si vous êtes malade, je le serai aussi, et je ne veux pas que vous ayez du chagrin.

ELISABETH

Non. Je n'ai pas de chagrin. Tu vois, je ris; embrassemoi, va jouer. (L enfant s éloigne.) Oh ! c'cst du démou que m'est venue cette pensée. Mauvaise mère^ ne pouvais-tu jurer par ta vie? Cela aurait suffi. Ils t'auraient crue. Et toi, que tu vives ou non, cela importe peu — puisqu'il ne reviendra pas. Cinq années, si longues! Quelques

lettres d'abord. Puis aucune nouvelle. L'abandon, la

solitude. Oh! l'ingrat, tant aimé! (Des serviteurs sont entrés sur la terrasse, portant des échelles, et commencent à retirer les tentures de

deuil.) Que faites- VOUS là? Qui vous a commandé de retirer ces tentures?

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