SCENE V .. , RHODZKO, ANDRÉ BOLESKI
André Boleski a trente ans. Un peu pâle. Vêtu non à )a polonaise, mais à la mode de France, sans exc^s de frivolité cependant. Il est entré furtivement par la petite porte à droite. Pendant toute cette scène, le comte a l'air ému, presque craintif. On dirait qu'il ose à peine regarder autour de lui.
ANDRÉ BOLESKI
Rhodzko! *
RllODZKO, à genoux.
Mon maître! Ah! cher seigneur! mais quoi, sans escorte! j'avais recommai^dé...
ANDRÉ BOLESKI
Bien, bien. Je suis entré par la poterne. Ma voilure a
suivi le chemin de traverse, entre les marécages. Reste. Je ne tiens pas à être salué. Ne donne pas l'éveil.
ROODZKO
Son Excellence paraît un peu troublée, inquiète?
ANDRÉ BOLESKI
L'énervement d'un voyage long et pénible.
« RUODZKO
Voici du vin, Monseigneur.
ANDRÉ BOLESKI Oui, donne, j'ai soif. (II s'assied pendant que Rhodzko lui verse
à boire.) Rien n'a changé ici. Ces vieilles murailles se dressent toujours fièrement comme si elles ne devaient jamais tomber.
RHODZKO
En effet, Monseigneur, rien n'a changé, ici.
ANDRÉ BOLESKI
La comtesse à été prévenue de mon retour? (Rhodzo sinciine.) Elle a été surprise?
RHODZKO
Joyeuse.
ANDRÉ BOLESKI
Ah ! — Ainsi elle n'a aucun soupçon?
RHODZKO
• Votre Excellence, en daignant me communiquer ses projets, ne m'avait pas permis de les révéler.
Tu es discret et fidèle. Dis à la comtesse que je l'attends.
RHODZKO
Son Excellence ne préfère pas...
ANDRÉ BOLESKl
-Çntrer dans le châleau? Non. Fais vite.
RUODZKO, après un pas vers l'escalier.
Excellence, voici Madame la comtesse.
ANDRÉ BOLESKI
t)éjà ! Laisse-nous.
(Elisabeth paraît sur la terrasse. Elle a mis des habits de féto.