SCENE YII
Oh! je suis un misérable. Ce que je viens de faire, un
serf ne TeÛt pas fait. J'ai honte! (Il s'assied, accablé. Il se relève
aussitôt.) Partons. Il me semble que si je. revoyais Elisabeth, je mourrais. Puis tout, ici, les murs, les arbres, a l'air de me mépriser et de me faire des reproches. Ah! Sonya,- Sonya, que suis-je donc devenu par vous et pour vous!
(Il s'éloigne. Il s'arrête en regardant au loin, il parle très mélancoliqueiaent.)
Jadis, enfant ravi, j'ai joué dans ces bois; plus tard, j'y ai rêvé, jeune homme plein de foi et de pures espérances, écoutant les bûcherons émondeurs des vieux chênes, qui rythment de coups de hache dans le silence quelque mazurka monotone. C'est par cette porte que je suis entré, triomphant, le soir des belles noces, tandis que les serviteurs, sur le seuil, agitaient des bannières ou semaient des verdures, et que la cloche de la chapelle chantait la bienvenue aux époux, hélas! Et maintenant...
LES MERES ENNEMIES îîOl
Allons ! (II va sortir. Une cloche sonne, il tressaille.) Oll ! il m"a
semblé que ce bruit me tintait dans Je cœur. Va, lu sonnes en vain, petite cloche d'autrefois, tu n'évoqueras pas les anciens jours, ni les vieilles prières.
(Il monte ;\ pas lents vers la porte. Etienne, doucement, a descendu le grand escalier et se trouve derrière André Boleski. Il s'approrlio encore, et, en riant, il tire le comte par le pan de l'habit.)