SCÈNE VII ANTOINETTE, MARTIAN, MAGUELON
ANTOINETTE
Te voilà enfin?
Je rangeais les robes de Madame.
ANTOLNETTE
Et tu les essayais, je suppose ?
MAGUELON
Oh ! que non point. Elles sont bien riches, bien pimpantes, mais je suis accoutumée à ma jupe de fulaine et à ma coiffe de toile.
ANTOINETTE
Fais porter cette lettre.
MARTI AN
Madame !... Que faites-vous?
ANTOINETTE
Prenez garde ! nous ne sommes point seuls.
MARTI AN
Une mauvaise action, n'est-ce pas?
ANTOINETTE
Eh I je vous aurais prévenu. N'est-ce point ma coutume de vous prendre pour complice?
MARTIAN
Donnez-moi celle lettre.
ANTOINETTE
Non.
MARTIAiN
Donnez-la-moi.
ANTOINETTE
Est-ce la mode, parmi les vôtres, de rudoyer les
femmes? (Martlan demeure interdit. Elle rejoiat Maguelon. — A Ma-
gueion :) Tu connais bien quelque soldat par la ville?
MAGUELON
Je crois que oui, madame.
ANTOINETTE
Eh bien ! donne la commission à Tun des plus discrets.
MAGUELON
Discrets! Oh! ils ne le sont guère.
ANTOINETTE
Tu les as mis à Tépreuve, sournoise? (A voix basse et rapidement :) Personne ne doit savoir d'où vient cette lettre, tu es adroite, fais vite.