‹ Théatre en versChapitre 44 sur 103 · CÉSAR SFORZA, GIORGIO D'AST · texte numérisé non relu

CÉSAR SFORZA, GIORGIO D'AST

CÉSAR SFORZA

Venez. Vous savez tout. J'attends votre réponse.

GIORGIO DAST

Je ne sais riei>. Qu'un jour mon Orlanda renonce Au Irône, ou qu'elle en tombe, hélas ! il me pourrait Advenir de régner après elle, à regret î Mais le hasard est seul maître des destinées...

CESAR SFORZA

Vous serez roi.

Il reprend son bâton et son chapeau de pèlerin.

Qui sait?

Il regarde au loin; Tombre atténue doucement les lointains du paysage. Des étoiles, çà et là, vacillent. — Il s'accoude à l'escalier.

Toutes nonivelles nées.

De petites clartés tremblent au bord des cieux. C'est le moment du soir, pâle et délicieux, Où comme une donna furtive sous sa mante

On entend les' musiques des violes et des hautbois.

La nuit au pas glissant se vêt d'ombre charmante Pour s'en aller au bal des étoiles, là-bas!

Le cardinal commence à monter la côte, pendant que l'on voit passer — ^ dans les musiques qui s'éloignent — les barques où sont étendus les jeunes hommes et les belles filles, sous la lueur des torches. — Le thème du chant s'élève, dans des arpèges de mandores.

'e exquise! et qui donc ne préférerait pas,

A la puissance, à Tor, à la gloire importune,

Cette chanson d'amour qui tremble au clair de lune J

LES VOIX au loin '

L'astre tremblant dit à Tétoile :

« Je crois, quand ton rayon se voîïe,

« Que tout est sombre dans les cieuïl >ï

— Les regards disent à nos yeux

Ce que 1 astre dit à l'étoile.

Le rideau baisse lentement, tandis que Giorgio ilAst regarde et rêTe, que César Sforza, appuyé sur son bâton, monte la c5tOi ci que les voix s'éteignent.

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