LES VOIX
Plus vite que la brise folle
Et Toiseau fou, C'est notre rêve qui s'envole
On ne sait où !
VIOLA
près de la fenêtre
Ce sont des zingari qui passent en chantant Dans les haillons de leur misère ensoleillée !
ORLANDA se levant
leur signe !
Viola obéit.
Je veux, perle à perle etfeuillée,
Leur donner ftia couronne, à ces bohémiens.
Elle reste à la même place, à demi tournée vers la fenêtre.
Tenez, dans vos hasards moins tristes qne les m iens, Puissiez-vous, sans savoir même qui vous l'envoie, A mon bonheur perdu devoir un peu de joie.
Elle brise et jette une à une par la fenêtre, en parlant, les étoiles fleurs du diadème.
Prenez! Prenez I Voici mon renom triomphant, —
Et mon orgueil de reine, — et mes rires d'enfant, —
Les musiques, — les vers dont notre âme est charmée, —
Et le ravissement d'aimer et d'être aim^e, —
Tous les songes, — tous les espoirs, — toutes les fleurs !
La couronne est sans joyaux. La reine la regarde et sanglote.
Et maintenant, partez. Je n'ai plus que des pleurs.
lES VOIX
qui s'éloignent
Plus vile que la brise folle
Et l'oiseau fou, C'est notre rêve qui s'envole
On ne sait où !